Gazette, p. 512-514 et
les habitants des environs avoient mis à couvert dans cette ville tout ce qu'ils avoient de meilleur, toute l'armée, qui pilla par ordre et détachement de régiments \ fit un butin très considérable; on ne put empêcher qu'il n'y eût quelques gens de tués et des violences commises.
S. A. R. assiège le château et y fait ouvrir la tranchée le 15 octobre. — Immédiatement après la prise de la ville, qui fut le 15 d'octobre-, S. A. R. ayant reconnu avec les officiers généraux, ceux de l'artillerie et les ingénieurs, de quelle manière on attaqueroit le château, il fut résolu d'y faire deux attaques, l'une du côté de la campagne et l'autre par la ville, pour faire faire aux assiégés une diversion de feu^. La tranchée fut ouverte la nuit du 1 5 au 1 6 et poussée à demirampe, sur une espèce de plateau, tout de rocher vif, où on fît puis après des batteries de canon, avec beaucoup de peine et de fatigue. On en dressa une autre à l'attaque par la ville qui fut du temps à faire avant que de s'en pouvoir servir, parce qu'elle étoit trop exposée, et qu'on y perdit considérablement de monde. On fit aussi plusieurs autres batteries de canon et de mortiers, qui causèrent beaucoup de dommage dans le château par sa petite capacité et la fourmilière de monde qui y étoit, [tant de la garnison que des réfugiés de la ville qui y étoient entassés les uns sur les
1. Deux soldats par chambrée furent désignés pour le pillage [Histoire militaire) .
2. D'après la Gazette, le duc d'Orléans entra dans la ville le 14 octobre, et le pillage eut lieu ce jour-là.
3. Pour le siège du château, voyez la Gazette, p. 534-535, 545-548, 558-561 et 572, et VHistoire militaire, t. V, p. 535- 541; le siège dura un mois.
autres,] avec une subsistance très mince, à cause qu'il falloit ménager les vivres pour une si grande quantité de gens. Ces incommodités engendrèrent tant de maladies et de corruption que la peste s'y mit bientôt.
Les jours suivants, y compris le 27, on poussa la sape jusqu'au-dessous d'un retranchement de fascines des assiégés, et l'on y fit un logement; ensuite on avança la sape de cinquante toises, et on la rendit parallèle à une fausse braye qu'il y avoit. Pendant ce temps-là, notre canon imposa silence à celui des ennemis et abattit le revêtissement du polygone attaqué jusqu'au niveau de la hauteur du rocher.
Mylord Gallwaij s'approche à trois lieues de Lérida. — On apprit aussi que Mylord Gallway avoit décampé de Torrega pour s'approcher de notre camp; qu'il étoit venu se camper à Las Borjas^ à trois lieues de Lérida, et que son armée étoit composée de soixantedouze escadrons et de dix-neuf bataillons, dont six de nouvelle levée ^.
S. A. R. l'envoie reconnoître et fait ses dispositions pour le recevoir. — Sur cette nouvelle, M. le duc d'Orléans les envoya reconnoître^ et fit toutes les dispositions nécessaires pour les recevoir, soit qu'ils eussent le dessein d'introduire des secours dans la place, ou de l'inquiéter sur le haut ou sur le bas de la Sègre. Ce prince destina donc ving-huit bataillons et soixante escadrons pour former une armée d'observa-
1. Saint-Hilaire et Quincy écrivent Las Boras ; ce doit être Borjas, petite ville à l'est-sud-est de Lérida.
2. C'est exactement ce que dit Quincy, dont on peut constater encore ici la ressemblance avec le récit de notre auteur.