Jean Jennings (1664-1743) avait été créé chevalier à la
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qui avoit parcouru avec une de leurs escadres les côtes de l'Amérique espagnole, pour engager les gouverneurs à se déclarer pour rArchiduc, fit un voyage inutile.
Expéditions du chevalier de Forbin. — Le chevalier de Forbin \ qui étoit à Dunkerque avec une quantité de vaisseaux qui ci-devant avoient été pris sur les ennemis, mit à la voile le 1 % de mai avec neuf vaisseaux de guerre et huit armateurs et tomba sur une flotte de cinquante-six voiles chargée de troupes et de provisions pour le Portugal, sous l'escorte de quatre vaisseaux de guerre; il les attaqua et, après un petit combat, il en prit deux et dix-huit bâtiments de transport ; les autres se sauvèrent à la faveur de la nuit; puis il s'en revint à Dunkerque -.
Trois mois après, il en sortit encore et rencontra une partie de la flotte ennemie qui revenoit d'ArkangeP. Il l'attaqua, et en prit quelques vaisseaux; les autres retournèrent joindre le gros de la flotte, qui, le lendemain, trouva la même escadre de Forbin sans pouvoir l'éviter. Elle fut prise, à la réserve de huit navires qui se sauvèrent dans le port de Vardôhuus*, où
suite de la prise de Gibraltar en 1704; contre-amiral en 1705, il fut nommé vice-amiral en 1707, malgré l'insuccès de son expédition.
1. Il a déjà été parlé de ce marin dans le tome IV, p. 187 et 357.
2. Voyez ci-après, appendice II, la relation qu'il envoya au ministre.
3. C'est en juillet-août qu'eut lieu cette expédition : Gazelle, p. 420, 431, 444, 454-455, 480 et 491-492. On trouvera ci-après, à l'appendice II, la lettre du 24 septembre par laquelle M. de Forbin rendit compte de son expédition.
4. Saint-Hilaire écrit Waar/iuis; c'est Vardohuus, dans l'ex-
ils se crurent en sûreté. Le chevalier de Forbin les y poursuivit et, sur ce que l'officier qui y commandoit pour le roi de Danemark^ lui envoya dire que, s'il ne s'abstenoit de leur nuire, il seroit obligé de faire tirer sur lui, il répondit que, si le commandant du fort en faisoit la moindre mine, il détruiroit le fort et la ville et ravageroit le pays. Cet officier, intimidé par cette menace, n'osa rien entreprendre pour la défense des vaisseaux, dont le chevalier se rendit maître; il en fit brûler quelques-uns, en fit échouer d'autres qui furent pillés, en rançonna, et en emmena une partie.
Peu après, Forbin eut connoissance d'une flotte de cent vingt voiles escortés par cinq vaisseaux de guerre anglois, ({ui alloit faire route en Portugal avec de nouvelles troupes et des provisions militaires. 11 se remit en mer pour aller à sa rencontre % l'attaqua, prit trois vaisseaux de guerre ; un autre sauta en l'air et le cinquième se sauva. Il y eut aussi un nombre de navires de transport de pris, chargés d'équipages militaires et de cinq ou six cents officiers qui alloient servir en Portugal et en Espagne^. Il y eut encore d'autres petits combats entre nos vaisseaux et ceux des Alliés, où ils eurent presque toujours du pire.
trême nord du Finmark norvégien, sur le Varanger-fjord, ainsi qu'on le verra dans la relation de l'Appendice.
1. La Norvège et le Danemark étaient alors réunis sous le même sceptre.
2. L'escadre de Duguay-ïrouin s'était jointe à la sienne pour cette occasion. Le combat fut livré le 21 octobre; il y en a des relations du chevalier de Forbin et de Du Guay-Trouin dans le registre B''32 des archives de la Marine, fol. 89, 93, 153 et 159.
3. Le Mercure de novembre-décembre, p. 241-273, raconta en détail cette expédition.
[Morts considérables . — Entre les personnes remarquables qui moururent en France pendant cette année, je citerai Anne-Marie d'Orléans de Longueville, duchesse de Nemours, âgée de quatre-vingt-trois ans*, dont la mort rendoit la principauté de Neuchàtel vacante, et le maréchal de Vauban, homme illustre dans sa profession, d'un jugement et d'un esprit solide et fort affectionné au bien de l'État^.]
[Affaires de Neuchàtel. — Il me souvient que j'ai parlé précédemment dans cet ouvrage des affaires de cette princesse contre feu M. le prince de Conti au sujet delà principauté de Neuchàtel^ et des prétentions de quelques seigneurs françois qui croyoient y avoir droit, et avoir dit que ce démêlé fut arrêté jusques après la mort de cette princesse, qui survint le 7 de juin 1707, par l'intervention du roi d'Angleterre Guillaume III, qu'on ne vouloit point choquer; j'ai cru ne me pouvoir dispenser de reprendre ici la suite de cette affaire jusques à sa conclusion.]
[Le feu roi d'Angleterre, prince d'Orange, étant intervenu dans cette affaire après la paix de Ryswyk, ainsi que je l'ai dit ci-devant plus au long, le roi de France ne s'en mêla plus pour ne le point choquer et renouveler peut-être une guerre fâcheuse; mais, dès que cette princesse fut morte, l'électeur de Brande-
1. Elle s'appelait Marie et non Anne-Marie; elle mourut le 16 juin 1707, et non le 7, comme va dire Saint-Hilaire.
2. Vauban mourut le 30 mars, d'une ancienne affection de poitrine, aggravée par le chagrin qu'il éprouva de voir son livre de la Dune royale condamné au pilon par deux arrêts du conseil privé du 14 février et du 14 mars; voyez les Mémoires de Sourches, t. X, p. 291.