‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 71 sur 175 · A l'ouest d'Audenarde · texte numérisé non relu

A l'ouest d'Audenarde

creux une colonne de cavalerie et de dragons, et même de l'infanterie le long des haies pour remplir ce vide, qui avoit devant lui, de notre côté, un défilé d'environ trois à quatre cents pas, au delà duquel on avoit chargé antérieurement dans une petite plaine, où il y eut un combat de cavalerie pendant lequel les chevauxlégers de la garde, les gendarmes et la gendarmerie, avec quelques autres escadrons, chargèrent vivement et repoussèrent les ennemis. Deux de nos escadrons, qui se trouvèrent séparés des autres, percèrent au travers des ennemis et se retirèrent à Tournay.

La nuit termina le combat vers les neuf heures du soir, et le succès fut si douteux que les deux armées s'en attribuèrent l'avantage. Cependant, nous demeurâmes sur notre champ de bataille jusque vers une heure après minuit, et cet espace de temps fut employé à redresser l'armée et à poster toute notre artillerie, qui l'avoit jointe avec beaucoup de dihgence, M. de Vendôme ayant résolu de livrer encore un combat aux ennemis le lendemain matin. Il y eut là-dessus quantité de discours dans un petit conseil qui se tint, dont il est inutile de rapporter ici les paroles.

J'eus l'ordre d'aller poster toute l'artillerie qui étoit arrivée tout le long du front de bandière que notre armée occupoit. Pendant que je me mettois en mouvement pour cela, on vint me dire de suspendre et de m'en revenir retrouver la généralité* au même endroit où je l'avois quittée. J'y trouvai M. de Vendôme, persistant dans son sentiment de combattre encore le lendemain, et la matière fut encore agitée. Peu d'officiers

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