‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 73 sur 175 · Tome IV, p · texte numérisé non relu

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mille livres de contributions, amena plusieurs otages pour la sûreté du paiement et y fît un grand butin.

Je reviens encore un moment à parler de cette bataille, qui se donna fort irrégulièrement; car les troupes combattirent à mesure qu'elles arrivoient, et il y en eut beaucoup des nôtres qui ne chargèrent point. Elle ne laissa pas d'être fort opiniàtrée, et se passa dans des attaques de postes assez mal concertées. Les deux partis perdirent considérablement; mais notre perte consista bien plus dans les prisonniers que les ennemis firent pendant la nuit, parce qu'il y eut plusieurs troupes qui se trouvèrent séparées des autres, au moyen de la colonne que j'ai dit que le prince Eugène avoit fait couler, qui s'empara du défilé dont j'ai parlé, et coupa la communication avec la partie de l'armée qui étoit en bataille dans la plaine.

Les ennemis se servirent encore d'une ruse qui leur réussit. Ils envoyèrent plusieurs tambours à la tête de leur camp, qui battirent la retraite à la françoise, et firent crier par quelques officiers réfugiés « A moi Picardie! » et autres noms de régiments, ce qui fit qu'un grand nombre d'officiers et de soldats allèrent les joindre, croyant que c'étoit leur corps.

[Parmi les gens de considération, il n'y eut que Ximenez, colonel du régiment de Roussillon*, de tué, avec ceux dont j'ai parlé, qui le furent d'abord; mais] nous eûmes deux lieutenants généraux faits prisonniers, trois maréchaux de camp, quatre brigadiers et dix colonels, avec douze ou quinze officiers de la gendarmerie et des gardes du corps. Nous eûmes encore six

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