‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 10 sur 187 · XII NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XII NOTICE PRÉLIMINAIRE

Il était alors, au dire du duc de Saint-Simon*, « le premier et le plus accrédité du corps de l'artillerie, et qui le menoit; fort homme d'honneur et peu content en secret du joug du duc du Maine », grand maître de l'artillerie. C'est ce qui le fit choisir par le Régent pour être un des membres du conseil de la Guerre, où il ne joua d'ailleurs qu'un rôle très effacé, la période de paix où l'on se trouvait n'étant pas propice à le mettre en lumière. C'est cependant grâce à cette situation qu'il obtint en mai 1716 une faveur appréciable : par édit du mois de janvier précédent, le Régent avait supprimé les charges de lieutenants généraux de l'artillerie érigées en titre d'offices en 1703; il les avait remises à sa nomination ; Saint-Hilaire obtint sans peine que les mêmes fonctions lui fussent conservées par commission.

Le conseil de la Guerre ayant été supprimé en 1718, Saint-Hilaire le quitta comme ses collègues; mais il resta chargé de la direction de l'artillerie^. Il avait eu la douleur de perdre sa femme, le 14 mai 1717; elle mourut trop tôt pour voir son mari recevoir enfin (l®"" janvier 1720) la grand'croix de Saint-Louis, suprême distinction des officiers généraux, et être pourvu, quelques années plus tard (15 avril 1726) du lucratif gouvernement de Belle-Isle-en-Mer, qui lui fut donné en échange de sa démission de lieutenant général de l'artillerie au département de Flandre. Il conserva ce gouvernement jusqu'à sa mort, arrivée le 24 novembre 1740. La Gazette de France mentionna son décès^ et lui attribua l'âge de quatre-vingt-huit ans.

Au point de vue militaire, Saint-Hilaire fut-il un officier d'artillerie remarquable? Ou ne saurait le dire. L'artillerie ne jouait alors qu'un rôle très secondaire, et il était presque

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