NOTICE PRÉLIMINAIRE. XIII
impossible de mettre en lumière dans ces fonctions des qualités supérieures. Il jouissait certainement de l'estime de ses collègues et des généraux sous lesquels il servit ; leurs lettres conservées au Dépôt de la Guerre font volontiers l'éloge de son zèle et de sa ponctualité*. Le Roi avait de la considération pour lui; en 1694, il écrit au maréchal de Luxembourg* de lui procurer le commandement d'un corps séparé, afin de ne pas donner à « un vieil officier qui a bien servi » la mortification d'avoir h obéir à un cadet. Le public l'appréciait aussi : le Mercure galant fit son éloge ^ lorsqu'il reçut le cordon rouge; le duc de Saint-Simon, nous venons de le voir, l'estimait, et, s'il le qualifie d' « homme fort lourd », il ajoute qu'il « entendoit bien l'artillerie^ ». Nous pouvons donc penser qu'il fut ce qu'on appelle un bon officier, suffisamment intelligent, travailleur, appliqué, esclave du service et de ce qu'il croyait le meilleur pour le bien de l'Etat. Il eut aussi les défauts de son temps : il est quelque peu plaignard et quémandeur, et cela est excusable pour une époque où la faveur jouait un rôle si important dans l'attribution des grades et des places. Les principales qualités de Saint-Hilaire sont celles qui caractérisent le parfait administrateur : les indications fournies par sa correspondance sont à cet égard très probantes, et il suffira de se reporter aux appendices de nos divers volumes pour s'en rendre compte. Il s'occupe avec une activité et une régularité méritoires des multiples fonctions qui incombent au lieutenant général chargé du plus important département de l'artillerie et au directeur de l'arsenal de Douay, le premier de
1. Voyez notamment celle de Boufflers du 11 septembre 1709, publiée dans les Mémoires de Sourches, t. XI, p. 63.