‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 115 sur 187 · Il gagna d'abord Sarrebourg, puis Trêves · texte numérisé non relu

Il gagna d'abord Sarrebourg, puis Trêves

salut, ne manqueroit pas de leur savoir gré de ne point s'ensevelir sous les ruines d'un désespéré. Ce discours fit tant d'impression, que la garnison conclut qu'il talloit obliger le maréchal à capituler. M. de Gréquy, étant informé de ce qui se passoit, accourut à la brèche, et, comme dans ce temps-là il étoit fier et hautain, il maltraita fort un officier qu'il soupçonnoit de cette menée. L'officier voulut mettre l'épée à la main contre lui. Le désordre augmenta, et les autres officiers qui étoient présents firent battre la chamade, envoyèrent et reçurent des otages pour capituler. Le traité fut bientôt arrêté; car les ennemis, voulant profiter de ce désordre, leur accordèrent ce qu'ils voulurent, [et en usèrent comme on a coutume de faire avec des séditieux^]. Ils portèrent leur capitulation au maréchal de Créquy, qui ne voulut ni la voir ni la signer, et qui se retira dans une église, où les ennemis le firent prisonnier de guerre quand ils furent entrés dans la ville 2. Ils l'envoyèrent à Goblenz, d'où il sortit peu de temps après, moyennant la rançon stipulée par le cartel.

La garnison de Trêves ne tarda pas à être punie de sa sédition. Dès que les Allemands entrèrent dans la ville, ils la pillèrent et dépouillèrent sans miséricorde, malgré la capitulation. Quand elle fut arrivée dans des villes de France, on balança si on feroit décimer les soldats : un officier eut la tête coupée, par

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