A quelques kilomètres au nord d'Off'enbourg
cha le long du Rhin, le laissant à gauche et les bois à droite, jusques à ce qu'il fut arrivé près de Lichtenau. Les ennemis s'y étoient campés, ayant devant eux la rivière de Ronchen^ sur laquelle il y avoit un pont, et les bois dont nous venons de parler. Il y avoit au travers de ce bois un grand chemin assez large, qui conduisoit au pont. M. de Turenne y fit entrer de l'infanterie, soutenue de (juelque cavalerie, espérant de se rendre maître du pont; mais il le trouva si bien gardé, qu'il n'y eut pas moyen de réussir. Cette tentative occasionna une assez grosse escarmouche, où il y eut du monde de tué^.
M. de Turenne, ayant retiré ses troupes, fit camper son armée dans une petite plaine en deçà du bois, sa gauche appuyée contre un bras du Rhin, et sa droite se prolongeant en demi-cercle suivant la figure du bois qu'elle avoit devant elle. Le quartier général fut au village de Buschen^, qui se trouva derrière les lignes.
Les deux armées demeurèrent près d'un mois dans leur camp, et si voisines l'une de l'autre, qu'on s'entendoit parler, sans pourtant se voir, à cause du bois qui déroboit la vue. Elles partagèrent également le vilain temps; car il ne cessa de pleuvoir. Celle de M. de Turenne souffrit d'ailleurs beaucoup par la disette de fourrages et par la difficulté des convois, moins à cause de l'éloignement des lieux d'où ils
1. Ou Renchenbach, qui se jette dans le Rhin en aval de la Kinzig.