Ou plutôt Gamshurst
d'infanterie pour les en chasser; mais, comme on vint lui dire qu'il paroissoit encore un corps de cavalerie sur le flanc du village, il fit marcher le régiment de dragons de la Reine^, douze ou quinze escadrons, huit bataillons et du canon, et y alla lui-même au galop. Il fit d'abord attaquer le cimetière par les troupes qui arrivèrent les premières, et ceux du dedans y tinrent ferme jusques à l'arrivée des dragons, du corps d'infanterie et du canon, qui commença de les battre. Alors ils abandonnèrent le cimetière et se jetèrent dans l'église, où on les força. La plus grande partie furent tués ou pris. La cavalerie ennemie se retira, voyant l'église forcée, et celle de France, qui s'avançoit pour la charger, eut ordre de s'arrêter, M. de Turenne ne jugeant pas à propos de rien entreprendre davantage. Le chevalier d'Hocquincourt, colonel des dragons-, fut tué en cette occasion, deux capitaines de son régiment, un capitaine d'infanterie, et quarante ou cinquante dragons ou soldats^. M. de Turenne s'avança avec quelques escadrons jusques au village de Saasbach*. Les ennemis y avoient
1. Ce régiment, levé en septembre 1673, ne reçut le nom de la Reine qu'en septembre 1675 ; il portait alors le nom de son colonel le chevalier d'Hocquincourt (ci-après .
2. Gabriel de Monchy, fils cadet du maréchal d'Hocquincourt, avait depuis septembre 1673 le régiment de dragons qui prit plus tard le nom de la Reine ; il fut tué le 24 juillet, n'ayant que trente-deux ans.
3. La lettre qui rend compte de ce combat, datée du 25 juillet, est la dernière que ïurenne écrivit à Louvois ; elle a été publiée dans le recueil Grimoard, p. 685-687; voir aussi celle de M. de Vaubrun, du 26 (vol. Guerre 459, n' 229).