‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 123 sur 187 · Ces détails ne semblent pas confirmés par ailleurs · texte numérisé non relu

Ces détails ne semblent pas confirmés par ailleurs

l'inaction, dans le temps qu'il falloit le plus agir.] On ne pouvoit passer devant un rang d'officiers ou de soldats, qu'on ne vît couler des larmes, tant celui qui les causoit étoit universellement regretté. Les deux lieutenants généraux^, peu d'accord entre eux, étoient incertains et embarrassés^ : l'un vouloit combattre, pendant que l'autre, plus prudent, le contenoit; et ce ne fut qu'après une grande contention qu'on convint de ne rien entreprendre du reste du jour.

Cependant, les ennemis furent bientôt avertis de la mort de M. de Turenne par un dragon du régiment du Roi qui déserta pour leur en porter la nouvelle^. On sut que M. de Montecuculli ne put contenir la joie qu'il ressentit d'être délivré d'un si redoutable ennemi, et qu'il en donna sur-le-champ des marques trop publiques; mais il répara cette faute dans la lettre qu'il écrivit à l'Empereur à ce sujet, car, après l'avoir félicité sur cet événement, il ajouta qu'il ne pouvoit pourtant s'empêcher de regretter un homme qui avoit tant fait d'honneur à l'homme.

Dès que cette mort fut répandue dans l'armée

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