‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 125 sur 187 · Les officiers généraux · texte numérisé non relu

Les officiers généraux

merci de l'ennemi, dont il n'auroit pu se tirer avec honneur, s'il avoit été attaqué ainsi que vraisemblablement il le devoit être, étant si proche de lui et séparé de notre armée par la rivière, qui ne se pou voit passer en cet endroit que sur des ponts. Il s'emporta donc fort contre lui devant tout le monde, et cela auroit peut-être été plus loin, si le marquis de Boufflers, en ce temps-là brigadier de dragons, ne fût entré dans le cercle qu'on faisoit et n'eût représenté vivement combien cette querelle étoit hors de saison dans ces circonstances, et que la grande question d'à présent étoit de prendre vite un bon parti et de concourir unanimement au bien du service.

Cette sage remontrance coupa court au démêlé, et M. de Vaubrun, qui commençoit à répliquer sur le même ton, se courba sur le col de son cheval et se tut'. Alors on délibéra sur le parti qu'on prendroit, et M. de Vaubrun, qui, sans contredit, étoit un très brave homme, proposa de mener l'armée au travers de Willstedt, qu'on occupoit toujours^, et d'aller combattre celle des ennemis, soutenant qu'il étoit plus avantageux de le faire, quelque difficulté qui s'y rencontrât, que d'abandonner le pont de Strasbourg aux Impériaux. En l'état où étoient les choses, personne ne fut de son avis; on résolut, au contraire, de se retirer au camp d'Altenheim, dans la crainte que les ennemis n'y coulassent par Offenbourg et qu'on n'y pût arriver avant eux.

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