Le 8 juin
2. Voyez ce que dit M. de Ségur, p. 372-373; il semble que le manque de vivres, et aussi les recommandations de Louvois de ne rien hasarder, furent les causes de son inaction. Les lettres du maréchal des 12 et 13 juin (vol. Guerre 508, n°^ 123 et 127) énumèrent les difficultés du secours de Philipsbourg. Le ministre lui écrivait le 16 [n° 134) : « Je ne vous cèlerai point que S. M. a vu avec quelque surprise que, lui ayant mandé, il n'y a que huit ou dix jours, que, si elle vous envoyoit les troupes que vous avez présentement, vous croiriez fort possible de secourir Philipsbourg, ou du moins d'y faire périr l'armée des ennemis,... vous soyez présentement d'un sentiment différent. »
ger. Quoi qu'il en soit, il s'occupa pendant ce temps-là à pousser ses vivres dans Haguenau, et y alla camper avec toute l'armée, qui fut encore fortifiée de quelques troupes. De là il s'avança à Soultz^, à Wissembourg, Billigheim- et Landau, faisant tirer tous les soirs six coups de canon pour avertir ceux de Philipsbourg que l'armée venoit à leur secours.
Enfin M. de Luxembourg parNint à une lieue des ennemis avec la plus belle armée que les François eussent encore eue en Allemagne. Elle étoit de quarante-cinq mille hommes effectifs et avoit quarante pièces de canon. Il la mit en bataille sur sept lignes, le terrain ne lui permettant pas de s'étendre davantage, et, en cet ordre, il marcha aux ennemis.
Ils étoient campés derrière un grand bois, qu'on fut fort étonné de trouver, quoiqu'il n'eût pas crû en une nuit; il régnoit depuis le Rhin, qu'ils avoient à leur gauche, jusques au ruisseau de Spirebach, qui étoit sur leur droite, et n'étoit traversé que d'un seul grand chemin à passer un escadron de front, au bout duquel ils avoient fait plusieurs retranchements qui se soutenoient les uns les autres. Le bois avoit tout au plus un quart de lieue de profondeur et étoit fort fourré. Il est vrai qu'il s'éclaircissoit en approchant du Rhin ; mais on y trouvoit un marais impraticable à une armée.
On connut alors l'impossibilité de secourir Philipsbourg de vive force ^. On se réduisit à y faire passer