‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 137 sur 187 · Le maréchal, dans une longue lettre du 12 août (vol · texte numérisé non relu

Le maréchal, dans une longue lettre du 12 août (vol

du monde par des bateaux qu'on avoit préparés, tandis qu'on amuseroit les ennemis par la disposition d'une fausse attaque et par certaines machines flottantes garnies de matières combustibles, au moyen desquelles on prétendoit brûler le pont de communication qu'ils avoient sur le Rhin.

Laubanie', major du régiment de la Ferté, qui avoit été en garnison dans la place, et qui disoit en savoir parfaitement toutes les avenues, fut choisi par préférence à beaucoup d'autres d'un plus grand caractère pour commander six cents hommes triés sur toute l'infanterie, qu'on vouloit jeter dans la place; et, comme on appréhendoit qu'elle ne manquât de poudre, sans considérer que ce que ces hommes en pourroient porter étoit peu de chose, et les embarrasseroit beaucoup s'ils étoient attaqués en chemin, on leur en donna à chacun dix à douze livres à mettre dans leurs havresacs. L'embarquement se fit contre Germersheim, mais un peu trop tard ; la nuit les surprit sur le Rhin; et, quand ils furent débarqués au delà, l'obscurité les empêcha de bien prendre leur chemin, et la plupart se perdirent. Laubanie arriva néanmoins sur le bord du marais de Philipsbourg à une demi-heure du jour. Il n'avoit plus qu'un pas à faire pour s'y jeter, lorsqu'il aperçut, à quelque distance de lui, sur le bord du marais, une garde de dra-

Guerre 508, n° 284), expose pourquoi il renonce à secourir Philipsbourg.

1. Yrieix de Magontier de Laubanie (1641-1706) parvint dans la suite au grade de lieutenant général (1702) ; il eut le gouvernement de Mons, puis celui de Landau, où il s'illustra par son héroïque défense lors du siège de 1704.

gons ennemis. Cela le fit tâtonner, et, croyant être découvert, il se retira vers ses bateaux et repassa le Rhin avec toute sa troupe, excepté un sergent du régiment de Picardie et dix soldats qui, étant plus liÊœdis que les autres, se jetèrent dans le marais et entrèrent dans la place ^. Les machines flottantes ne réussirent pas mieux.

Après ces vaines tentatives, on abandonna le secours de Philipsbourg. L'armée retourna sur ses pas à travers la Basse-Alsace, et alla passer le Rhin sur un pont de bateaux qu'on fit à deux lieues au-dessous de Brisach. Elle entra dans la plaine de Weil^, où elle subsista abondamment jusques à la reddition de Philipsbourg^.

Gomme cette plaine avoisine Fribourg, M. de Lorraine y envoya vite un corps de troupes par les montagnes, afin de faire perdre aux François l'envie qu'ils pourroient avoir d'en faire le siège. Il arriva que, un jour que le baron de Montclar, maréchal de camp, faisoit faire un fourrage, une partie de ce corps lui toml)a dessus et le poussa si vertement, qu'il eut bien de la peine à faire retraite et perdit beaucoup de fourrageurs.

Philipsbourg tint encore un mois depuis qu'on l'eut abandonné, et le siège auroit pu même durer davan-

1. Il n'est pas question de cette tentative dans les correspondances de la Gazette ; voyez la lettre de M. de Luxembourg du 12 août (n° 284) et celle de M. de Laubanie lui-même (n" 289).

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