XVI NOTICE PRÉLIMINAIRE
nous semble pas tout à fait exact) a été divisée par son auteur en trois parties : la première va de 1661 à la paix de Nimègue en 1678 ; la seconde s'arrête au traité de Ryswyk (1697); la troisième enfin est consacrée à la guerre de la Succession d'Espagne et va jusqu'en 1715.
Dans l'Avertissement qu'il a placé au début de son travail, Saint-Hilaire nous apprend que ce fut pendant les loisirs que lui procura la paix de Ryswyk qu'il rédigea les deux premières parties, et rien dans sa narration ne vient contredire cette affirmation, qui est au contraire confirmée de plusieurs façons. Quant à la troisième partie, qui est la plus développée des trois, puisqu'elle forme à elle seule presque les deux tiers de l'ensemble, la rédaction en a été commencée après la paix d'Utrecht, puisque dès le début (p. 23 du tome III) il mentionne ce traité, et avant la mort de Fénelon (7 janvier 1715), puisque dans la page 11 du même tome il parle de ce prélat comme vivant encore. Le travail ne dut pas être achevé avant 1721 ou 1722; on en trouve l'indice en ce que, dans le récit de l'année 1709 (tome V, p. 214), l'auteur mentionne le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la république de Venise, qui se produisit dans le courant de 1720. Les dates de rédaction de l'ouvrage sont donc, pour la première et la seconde parties, comprises entre 1698 et 1701 ; pour la troisième entre 1713 et 1722. Saint-Hilaire a écrit à une époque très rapprochée des événements, et c'est là une garantie d'exactitude et de véracité, au moins pour ce qu'il a tiré de son cru, pour ce qui est le résultat de ses souvenirs personnels ou de notes prises au cours de ses campagnes.
Le but que Saint-Hilaire s'était proposé en se mettant à écrire a été spécifié par lui dans l'Avertissement : « Mon but, dit-il, est de me récapituler les guerres de mon temps.