NOTICE PRÉLIMINAIRE. XVII
jusques aux moindres circonstances que j'en ai pu connoître, afin que je puisse profiter des bonnes instructions qu'un homme de guerre tel que je suis y peut puiser. » Et quelques lignes auparavant : « J'ai cru ne pouvoir mieux employer mon loisir qu'à rédiger par écrit les principaux événements de mon temps, desquels j'avois conservé des mémoires. »Et enfin, un peu plus loin : « Je me suis attaché à des descriptions de terrains et à des détails d'actions où je me suis trouvé, ou dont j'ai eu une parfaite connoissance. » De ces trois citations il résulte que Saint-Hilaire s'est proposé d'écrire l'histoire des guerres de son temps, en insistant particulièrement sur les faits auxquels il avait pris part en personne, dont il avait eu exacte connaissance et dont il avait conservé des mémoires, c'est-à-dire des relations.
C'est surtout dans les deux premières parties que Saint- Hilaire a appliqué ces principes, lesquels il a rappelés une autre fois encore dans son récit : « afin que, dit-il à la page 278 de notre tome II, suivant les règles que je me suis prescrites, je n'omette rien de ce qui est venu à ma connoissance d'un peu considérable ». En efîet, dans cette portion de son travail, il se met de temps en temps en scène; il insiste sur des événements auxquels il a pris une part active, par exemple la campagne de 1675, qui vit la mort de Turenne et la belle retraite du comte de Lorge au delà du Rhin, et il passe légèrement sur ceux qu'il n'a appris que par les récits de ses contemporains ou même par les correspondances de la Gazette.
La troisième partie présente des caractères assez difiërents. Il est extrêmement rare que l'auteur y apparaisse en personne, et il pousse l'abnégation de sa personnalité jusqu'à ne pas même faire mention des fonctions qu'il a remplies ou des armées dans lesquelles il a servi. Son récit s' uni-