Dans la Lorraine allemande, district de Château-Salins
2. En amont de Nomény, près de la frontière allemande actuelle.
ensuite au bord de la Seille, sur laquelle il ordonna de jeter des ponts, puis fit semblant de passer la rivière, rompit ses ponts, et revint au camp. Il en repartit le lendemain à l'entrée de la nuit, et, au point du jour, il se trouva à une demi-lieue du camp des ennemis. Il se mit en bataille, sur une petite hauteur, dans un terrain assez étendu, sa gauche étant couverte par la Seille et le village de Morville'' , et sa droite par de grands bois, qui se prolongeoient de hauteurs en hauteurs jusqu'à celles qui sont près du Pont-à- Mousson.
L'ennemi, averti de cette marche, s'ébranla de son camp pour venir occuper le même terrain dont le maréchal venoit de s'emparer. Les premières troupes qui pai^urent ne laissèrent pas de s'avancer dans cette intention, parce que le terrain n'étoit pas encore entièrement rempli; mais M. de Gréquy y fit promptement passer quelques escadrons, qui continrent l'ennemi et l'obligèrent à se retirer sur la tête de son armée, qui arrivoit. Elle fut contrainte par le terrain de se mettre en bataille sur un petit front et dans une situation désavantageuse. Le maréchal fut bien tenté d'en profiter : il auroit vraisemblablement réussi, et il faut croire que, puisqu'il ne le fit pas, il avoit des ordres précis de ne point engager une affaire générale, dont la perte auroit été celle de toute la Lorraine. Ce qui est certain, c'est que M. de Lorraine exposa fort son armée à être battue. Cette journée se passa en canonnade, dont les Impériaux furent très maltraités; car, comme ils étoient en bataille dans un espace fort res-