Vol. Guerre 238, n
deuxième relirade ; les Vénitiens les payent. On peut dire que nous subsistons par la réputation du secours du Roi et parce que les Turcs paroissent avoir ralenti leur ardeur, particulièrement depuis la dernière sortie. Les Vénitiens sont tellement fatigués, qu'à peine peuvent-ils songer à leurs propres affaires, bien loin de nous pouvoir donner aucune assistance. Ils ont si peu de monde, qu'ils ne relèvent point leurs postes ; mais l'on peut dire que ce qu'ils ont est très aguerri. M. le Capitaine général est homme de beaucoup de prudence, grand économe des deniers de la République et fort ingénieux à trouver des expédients pour en recouvrer. 11 paye tous les travaux qu'il fait faire par des méreaux que l'on donne pour chaque hottée de terre que porte un soldat, auquel, sur lesdits méreaux, on fournit aux cabarets le pain, le vin, la viande et autres aliments; et comme tous les vivres, et particulièrement ceux des cabarets, payent de très grands droits à M. le Capitaine général, on compte aux cabaretiers pour argent comptant lesdits méreaux, en sorte qu'il est vrai de dire qu'il fait travailler pour rien. Il gouverne ses attaques de son cabinet, et ses ingénieurs, à son imitation, conduisent leurs travaux sur leurs plans et par le
rapport d'autrui...
De la Croix.
Relation de ce qui s" est passé à la sortie faite sur Je camp des Turcs du côté de la Sablonnière la nuit du 24 au 25 juin 1669, en Candie, [par M. de la Croix*.]
Les vaisseaux du Roi portant l'armée de Sa Majesté destinée au secours de Candie, sous le commandement de M. le duc de Navailles, mouillèrent à la fosse de la ville