Vol. Guerre 238, n
le 19 juin 1669, environ les quatre heures du soir... M. de Navailles prit la résolution d'entrer dès la même nuit dans la ville, pour..., après l'avoir bien considérée, prendre sa résolution touchant le débarquement des troupes...
Le lendemain 20, M. le duc de Navailles ayant considéré toutes choses et ayant trouvé la ville en l'état qui lui avoit été rapporté..., il crut qu'il y alloit de la réputation des armes du Roi de laisser emporter cette place à la vue de son armée sans qu'elle fît aucune tentative pour l'empêcher, et M. l'Amiral se trouvant de même sentiment, le débarquement des troupes fut résolu, et l'on commença à y travailler dès la même nuit ; il fut continué les 21, 22, 23 et 24... Le 23, M. l'Amiral ayant entré dans la ville, après qu'il eut visité tous les postes. Messieurs les généraux s'étant tous assemblés chez M. le Capitaine général, où se trouva M. de Saint- André-Montbrun*, le résultat fut que l'on ne pouvoit sauver la place que par une action générale et qui fût prompte... Toutes ces considérations firent prendre la résolution de les attaquer du côté de la Sablonnière^ dans leurs retranchements, la nuit du 24 au 25, à la pointe du jour. M. l'Amiral, qui vouloit être de la partie, se chargea de débarquer quinze cents hommes des vaisseaux pour combattre à leur tête, prenant M. Colbert pour maréchal de camp sous lui, et de faire approcher la nuit tous les vaisseaux de guerre à Saint- André, le côté en travers, pour canonner le camp des Turcs de ce côté-là. Les Vénitiens, qui avoient promis quatre à cinq mille hommes, puis trois mille, pour joindre aux nôtres, ayant faitconnoître l'impossibilité dans laquelle
1. Cet officier était à Candie, comme volontaire, depuis le commencement du siège.