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renseignements géographiques, et souvent aussi les circonstances. A diverses reprises, dans nos notes, nous avons signalé des analogies remarquables, et c'est pour cela que nous nous sommes servis abondamment de la Gazette pour le commentaire courant de nos Mémoires.
L'utilisation de ce guide relativement sûr n'a pas été moins fréquente pour la troisième partie, dans laquelle, comme nous l'avons dit, Saint-Hilaire fait encore plus œuvre d'historien que de mémorialiste. Il n'y a plus alors trace évidente de « mémoires » ou de relations particulières. En dehors de quelques rares détails issus des propres souvenirs de l'auteur, le récit se traîne dans la sécheresse d'une narration sans relief et quasi impersonnelle. Cependant, pour cette dernière partie, nous croyons qu'il est intervenu un facteur qui ne semble pas avoir paru dans les premières et qu'il est intéressant de signaler.
En rédigeant le commentaire des Mémoires pour toute cette période de la guerre de la Succession d'Espagne, j'avais eu fréquemment recours à Y Histoire militaire du règne de Louis XIV, ouvrage bien connu et estimé, qui a pour auteur le marquis de Quincy et qui parut en 1726 en sept volumes in-4°. Or, je n'ai pas tardé à reconnaître entre cette œuvre et celle de Saint-Hilaire des analogies vraiment singulières. Tous deux divisent leur récit par années, et dans chaque année en campagnes des diverses armées ; jusque-là, rien que d'assez naturel, car cette division est logique. Mais presque toujours (il y a quelques exceptions), les campagnes se succèdent dans le même ordre dans les deux ouvrages ; c'est une nouvelle ressemblance. Puis, comme Quincy, Saint-Hilaire termine le récit des campagnes de terre par celui des expéditions maritimes ; comme Quincy, il parle, à la fin de chaque année, de certains événements
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remarquables, autres que militaires, et ce sont presque toujours les mêmes dans les deux ouvraj^^es. Enfin, pour les noms propres étrangers, Saint-Hilaire les estropie souvent outrageusement; Quincy n'est pas beaucoup plus correct, et la forme adoptée par l'un et par l'autre est souvent identique; lorsqu'il y a divergence, elle n'est pas en général assez grande pour qu'on ne puisse l'attribuer à une mauvaise lecture de copiste. Il semble donc évident que les deux ouvrages ont des points de contact nombreux, des ressemblances frappantes; mais il ne faudrait pas conclure à une identité absolue. Quincy est plus complet toujours, plus détaillé souvent, plus égal aussi dans la proportion de ses divers récits ; Saint-Hilaire est plus sommaire, plus abrégé, et il a des inégalités que nous avons signalées. Comme l'œuvre de Quincy ne fut publiée qu'en 1726, on ne peut penser que Saint-Hilaire l'ait utilisée après son apparition, puisque, à cette époque, son travail était certainement achevé; mais il a dû y avoir entre les deux auteurs, écrivant l'un et l'autre presque en même temps sur les mêmes sujets, des relations très intimes. Tous deux d'ailleurs appartenaient au corps de l'artillerie, Quincy bien plus jeune que Saint-Hilaire, puisqu'il ne parvint au grade de lieutenant général qu'en 1716. Entre eux il ne pouvait y avoir de compétition de commandement, et la rivalité littéraire ne devait pas exister non plus, Saint-Hilaire n'écrivant pas pour le public, mais pour lui-même et pour ses enfants ; il ne pouvait donc porter ombrage à son jeune collègue. Il est probable que ce dernier, — très bien documenté, cela est évident, — a communiqué à son ancien ses matériaux, et peut-être sa rédaction en manuscrit; de son côté, Saint- Hilaire lui a fourni des renseignements sur les événements auxquels il avait pris part. C'est très probablement à cet