‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 18 sur 187 · XXII NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XXII NOTICE PRÉLIMINAIRE

échange de bons procédés qu'il faut attribuer les nombreuses analogies que l'on rencontre chez Saint-Hilaire avec l'œuvre de Quincy. Je m'empresse d'ajouter que de ces relations intimes je n'ai point de preuves matérielles ; mais les constatations que j'ai faites me les font regarder comme très vraisemblables.

De tout ce que dessus, si l'on veut bien l'admettre, il résulte, et j'ai le regret de le constater, que la valeur historique des Mémoires de Saint-Hilaire, — au moins pour la troisième partie, — n'est pas aussi grande qu'on l'a cru jusqu'à présent. Puisque, en général, il fait plutôt œuvre d'historien et n'écrit pas des Mémoires vécus, puisque son récit, dans cette troisième partie, semble avoir pour base ordinaire la Gazette et l'Histoire militaire, son originalité disparaît en grande partie, et son œuvre n'est plus qu'un résumé exact et suffisamment complet des guerres de Louis XIV, C'est là une constatation pénible à faire pour un éditeur; il ne serait pas loyal de l'omettre ou de la dissimuler.

La présente édition aura eu du moins pour résultat, d'abord de fournir des Mémoires un texte correct et conforme à la rédaction originale, ensuite de donner la possibilité de reconnaître leur valeur très secondaire. Sans l'étude approfondie que nécessite la publication et l'annotation d'une œuvre historique restée manuscrite, il est presque impossible de l'apprécier avec justesse, surtout quand elle a trait à une époque où les œuvres du même genre sont nombreuses. Tous les historiens qui avaient utilisé les Mémoires de Saint- Hilaire en avaient fait grand cas; il suffit de citer Chéruel dans Saint-Simon considéré comme historien de Louis XrV et M. A. de Boislisle dans le commentaire des Mémoires de Saint-Simon ; moi-même j'ai longtemps cru

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à l'originalité du récit. Il a fallu les rapprochements minutieux auxquels m'ont convié les nécessités de l'annotation pour attirer mon attention sur des ressemblances curieuses, dont, à la longue, il m'a été difficile d'attribuer la répétition au pur hasard.

En terminant, j'ai à adresser l'expression de ma gratitude, d'abord à M. le marquis de Nicolay, possesseur du principal manuscrit des Mémoires, ensuite aux deux commissaires responsables qui ont bien voulu m'aider de leurs conseils et de leurs remarques et mettre successivement leur approbation sur chacun des volumes de cette édition. Ni l'un ni l'autre n'en aura vu l'achèvement : M. A. de Boislisle, qui m'avait incité à l'entreprendre et qui n'en a connu que les deux premiers tomes; M. Noël Valois, si récemment et si rapidement enlevé à l'érudition, tous deux pour moi des maîtres et des amis, à la mémoire desquels il m'est doux de rendre hommage. A Noël Valois, j'avais fait part de mes soupçons, devenus peu à peu une quasi-certitude ; combien je regrette qu'il ne soit plus là pour appuyer mon opinion de son autorité. Il m'est agréable de penser que, s'il n'a pu lire les pages qui précèdent, il en connaissait du moins la substance et ne la désapprouvait pas.

Juillet, 1916.

DE

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