Vol. Guerre 459, n
M. de Louvois an marquis de Vaiihrun^.
31 juillet 1675.
Le Roi avoit déjà appris la perte de M. de Turenne, lorsque j'ai reçu votre billet du 27 de ce mois, à trois heures après-midi, et, dans ce moment que je dicte cette lettre, les deux gentilshommes qui sont arrivés de votre part et de celle de M. de Lorge me viennent d'informer de toutes choses. Je les mènerai au Roi dans une heure, c'est-à-dire aussitôt que S. M. sera en état de les voir. J'espère qu'ils seront dépêchés dans la journée.
J'ai appris avec beaucoup de joie le meilleur état de votre santé, et que, quoiqu'elle ne soit pas en bon état, vous n'avez pas laissé d'agir avec beaucoup de soin, et je ne manquerai pas de rendre compte à S. M, de tout ce que vous voulez faire pour conserver l'union avec M. le comte de Lorge, jusques à ce que Monseigneur le Prince ou M. le maréchal de Duras soit arrivé à l'armée.
Le combat d'Altenheim.
(Lettre d'un témoin oculaire^.)
Du camp près d'Altenheim, ce 2^ août 1675.
... Le lendemain [1'"' août], l'armée marcha vers notre pont, et, comme elle étoit occupée à faire ses camps, on vint avertir que les ennemis marchoient au grand trot pour venir nous attaquer. Les dragons furent aussitôt commandés avec deux bataillons de Champagne, La Ferté, Turenne et Hamilton, et toute l'armée se mit sous les