‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 176 sur 187 · Vol. Guerre 460, n" 12, lettre non signée · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 460, n" 12, lettre non signée

armes. Ces premiers régiments soutinrent pendant deux heures toute l'infanterie des ennemis et essuyèrent le feu de l'artillerie. De seize capitaines de La Ferté, il y en a treize hors de combat. M. le marquis a eu un coup de mousquet dans son casque, qui s'est enfoncé et lui a fait une contusion qui a si fort étonné le cerveau qu'il en étoit presque sourd hier; mais ce n'est rien. Aujourd'hui, notre infanterie a été ^ux ennemis et les a chargés si vigoureusement, qu'elle a fait plier tout ce qu'elle a rencontré. Si la cavalerie les avoit poussés, on les auroit tous taillés en pièces. Nous avons sept pièces de leur canon, de leurs drapeaux et étendards, et très peu de prisonniers. Ils ont plus de deux mille hommes hors de combat, et on les a obligés à se retirer vers Willstedt en désordre. La plus grande perte que nous ayons faite est celle de M. de Vaubrun, qui a été tué d'un coup de mousquet sur-lechamp, M. le comte de Rove blessé au bras, MM. de Vendôme, de Saint-Loup, de Catheux et de la Mothe blessés, et quantité d'autres officiers. Nous avons plus de six cents hommes hors de combat. Il ne se peut voir action plus vigoureuse. M. de Lorge a donné ses ordres avec un froid qui fait bien voir qu'il est parent de l'incomparable M. de Turenne. Il eut un cheval tué sous lui d'une volée de canon. Si Dieu nous l'eût ôté, tout étoit perdu. L'avantage balança fort au commencement. On ne sait si nous passerons en Alsace. L'on vient de prendre le général-major des ennemis avec deux autres officiers.

Saint-Hilaire à M. de Louvois^.

[Août 1675.] Monseigneur,

Depuis le malheureux événement qui est arrivé à mon

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