Vol. Guerre 507, n
le 2 de ce mois, avec M. de la Molhe, dix escadrons des troupes d'Alsace, mille mousquetaires et quatre petites pièces de canon... Ce jour-là, M. de Bissy devoit marcher avec la cavalerie de Lorraine, le bataillon de Languedoc, les trois compagnies du Plessis et les soixante-dix mille pistoles, pour nous joindre le 4 à Wissembourg... Mais, avant appris que les ennemis se remuoient de l'autre côté du Rhin, je partis d'auprès d'Haguenau à une heure après minuit et marchai en diligence pour gagner Wissembourg. Comme je fus à une heure dudit Wissembourg, un parti, que j'avois envoyé devant moi, m'amena des prisonniers qui m'assurèrent que M. le prince Charles y étoit arrivé avec de la cavalerie et de l'infanterie, et qu'il étoit dans Wissembourg. Un des chevau-légers de M. le prince Charles, ayant été pris, que j'interrogeai, me dit qu'il y avoit cinquante escadrons avec un gros corps d'infanterie et les dragons de l'Empereur; que, la nuit du 2 au 3, l'ordre leur étoit venu de passer sur le pont de bateaux à Lauterbourg; que, depuis onze heures du soir jusques au jour, l'infanterie et les dragons avoient défilé et que la cavalerie avoit passé après ; qu'ils étoient marchés à Wissembourg...; que M. de Lorraine étoit entré dans la ville avec de l'infanterie, et avoit mis sa cavalerie en bataille entre Bergzabern et Wissembourg et le reste de son infanterie derrière la rivière de Lauter; qu'il y avoit deux jours que toutes les troupes que l'on avoit mandées séjournoient auprès du pont, en attendant, à ce qu'il m'a assuré, que nous commençassions à marcher; qu'il y a environ quinze jours que l'on avoit commandé toute la cavalerie de l'Empereur et de Lorraine pour marcher h Lauterbourg; qu'ensuite on les contremanda, ayant su que la nôtre avoit été contremandée ; que M. le prince Charles avoit fait revenir la sienne, quand nous avions remarché, et qu'il y avoit deux jours qu'ils attendoient notre passage...; qu'outre cela il y a beaucoup d'infante-
rie, mais qu'il n'en sait pas le nombre au vrai; que tout cela se tient à une heure ou deux près Lauterbourg... M. de Luxembourg, qui étoit h Hag-uenau, que j'avois prié de me faire savoir des nouvelles, m'envoya donner avis de la marche du prince Charles.
Je crois que S. M. sait que, quand Lauterbourg et Wissembourg seroient tenus et gardés par un corps beaucoup plus petit que celui que je vous marque, il seroit absolument impossible de songer h passer, la montagne se rendant très fâcheuse dès Wissembourg, et les ennemis ayant rompu les ponts dessus et dessous, si bien que je crus qu'il ne se pouvoil faire autre chose avec le corps que j'avois que de venir à Wœrlh, d'où j'ai l'honneur de vous écrire, ou de me faire battre sans aucun fruit, ce que je crois que S. M. n'auroit pas trouvé bon. J'envoyai aussitôt un parti à M. de Bissy, qui ne devoit être ce jour-là qu'à six heures de Wissembourg, [avec ordre] de marcher sur les hauteurs de Wœrth par le derrière des montagnes et de ramener avec lui l'argent et le bataillon, n'étant pas praticable que, étant postés comme ils sont entre Wissembourg et Bergzabern, qui n'en est qu'à une heure et demie, et Landau, où il y a une grosse garnison, à deux heures de là, l'argent pût passer sans être pris, etc..
La prise de Montbéliard en 1676'.
Le maréchal de Luxembourg à M. de Louvois'^.
20 novembre 1676.
... M. de Montbéliard a été fort raisonnable, à quoi