Il n'est plus joint à la lettre
velles arrêtèrent ceux qui dévoient passer en Italie. Je fis un voyage à Marseille quelques jours après, et je leur insinuai de nouveau de partir. Je les crois à la voile à l'heure qu'il est.
La famille de Carlo Laxana, un des deux ambassadeurs que la ville de Messine avoit eu l'honneur d'envoyer h S. M., est prête à s'embarquer en cette ville. Il me témoigna qu'il étoit en très grande nécessité et qu'il n'avoit pas de quoi s'en aller, s'il n'étoit assisté. Je voulus savoir ses prétentions, que je trouvai extraordinaires. Il me dit même qu'il étoit résolu d'aller se jeter aux pieds du Roi pour lui demander du pain le reste de ces jours, si je ne lui facilitois pas les moyens d'aller à Venise, d'où il espère de tirer des secours de chez lui. Je convins enfin avec lui que je le ferois porter à Livourne sur un vaisseau, et que je lui ferois donner par le consul de la nation françoise soixante louis d'or. On ne peut guère se défaire à meilleur compte d'une famille d'ambassadeur, composée de dix-sept personnes. Je ne lui ai pas voulu donner cet argent en France, de crainte qu'il ne s'en servît pour aller de nouveau importuner S. M.
[Le volume 610 du Dépôt de la guerre ne contient aucun renseignement sur les Messinois venus en France; on y trouvera seulement (n°' 111 à 157 passim) de nombreuses lettres des commissaires Lanfant et Joly à M. de Louvois, sur l'arrivée des troupes à Toulon, leur situation, le nombre des malades, l'état du matériel de guerre, etc.]
APPEiNDICE. 359
CORBESPONDANCE DE SaINT-HiLAIRE.
[Après la paix de Nimègue, Saint-PIilaire fut chargé d'évacuer sur les places françaises de la Meuse l'artillerie et les munitions qui restaient à Maëstricht. H entretint à cette occasion, avec le ininisti'e de la Guerre, une correspondance qui se prolongea pendant les années 1679 et 1680 : vol. Guerre 579, n»^ 354, 432 et 461; — 580, n^^ 41, 153, 445 et 461; — 581, n°' 206, 494 et 561; — 601, n" 73; — 617, n° 280; — 618, fol. 35, 124 et 173; — 619, n"' 7, 361 et 395; — 620, n° 503; — 622, n°» 485 et 702; — 623, n" 153; — 624, fol. 10, 497, 514 et 688; — 625, n'" 168, 406 et 457; — 626, p. 102 et 375; 027, n"^ 19, 91, 377 et 591; — 636, n« 105; — 637, n"' 265, 317, 377, 560 et 755; — 638, n°' 29, 83, 377, 403 et 456. On trouvera ci-après trois de ces pièces.]
Saint-Hilaire à M. de Louçois^.
A Maëstricht, le 7 août 1678.
Monseigneur,
M. l'intendant m'a fait voir une lettre que M. de Nettancourt s'est donné l'honneur de vous écrire, par laquelle il calomnie extrêmement les officiers d'artillerie de cette garnison qui ont été à l'armée de Mgr le maréchal de Schonberg. Je me sens donc obligé. Monseigneur, à justifier leur conduite, et en même temps la mienne, en me donnant l'honneur de vous dire que, s'ils avoient manqué contre le service de S. M. et péché contre leur honneur, vous eussiez appris leur châtiment en même temps que leur crime, puisque je ne souffrirai de ma vie de semblables actions. Je m'étois même flatté, par ma