‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 28 sur 187 · Et surtout qui était pensionné par la France · texte numérisé non relu

Et surtout qui était pensionné par la France

2. Charles, baron de Watteville, d'une famille suisse établie en Franche-Comté, avait été nommé ambassadeur à Londres en récompense de ses services dans les conférences préliminaires du traité des Pyrénées; il mourut en 1670, ambassadeur à Lisbonne.

temps-là et en faire une règle pour l'avenir. Il y eut à ce sujet de grandes contestations entre les deux couronnes, [qui n'avoient pas été réglées, parce que nos rois n'avoient eu que le droit de leur côté, et ceux d'Espagne la force ; mais, par les raisons susdites, et quoique les affaires eussent changé de face, ils voulurent se mettre en possession, de vive force, d'un droit qui ne leur appartenoit pas].

Ce fut à l'entrée que l'ambassadeur de Suède faisoit à Londres*; et, comme c'est la coutume que les ministres, pour se faire honneur les uns aux autres, envoient leurs carrosses à ces sortes de cérémonies, le baron de Watteville gagna plus de deux mille Anglois, pour intéresser cette nation à ce qui devoit arriver. Ils se joignirent à tous ses gens, qui étoient bien armés, et à ce qu'il y avoit d'autres Espagnols à Londres, et, quand le carrosse du comte d'Estrades^, ambassadeur de France, arriva, les Espagnols et les Anglois arrêtèrent le carrosse et coupèrent les guides des chevaux, afin qu'il ne pût passer outre et que le leur pût prendre le devant. Tout ce que les gens du comte d'Estrades (qui n'avoient point été avertis de ce qui se pratiquoit, à cause que la menée avoit été fort secrète) purent faire en cette rencontre fut de se jeter sur les chevaux du carrosse de l'ambassadeur d'Espagne pour couper aussi les guides et l'empêcher de passer outre ; mais il y avoit pourvu en les faisant faire d'un fer délicat couvert de cuir. Il y eut là des coups

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