‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 30 sur 187 · Anne d'Autriche · texte numérisé non relu

Anne d'Autriche

ministres d'Espagne trouvoient plus de difficultés, dans les cours où ils négocioient, qu'ils ne s'étoient imaginé. Cependant, comme ils se flattoient toujours de les surmonter, il fut encore décidé que le roi d'Espagne s'expliqueroit d'une manière équivoque et répondroit à la reine sa sœur qu'il alloit envoyer en France le marquis de la Fuente^, en qualité d'ambassadeur extraordinaire, et lui donneroit ordre de terminer cette affaire au gré de Sa Majesté Très Chrétienne. Le Roi trouva cette réponse aussi captieuse que la précédente, et se détermina à rappeler son ambassadeur de Madrid et à recommencer la guerre, à laquelle il étoit d'autant plus porté, qu'il n'ignoroit aucune des trames que les Espagnols faisoient contre lui; mais, comme il savoit en même temps leur peu de succès, il ne put refuser aux instantes prières que lui firent la Reine sa mère et la jeune Reine, qui venoit de lui donner Mgr le Dauphin^, d'attendre l'arrivée du marquis de la Fuente, dont le départ fut différé par une maladie de commande. Enfin, le roi d'Espagne ayant eu avis que celui d'Angleterre prenoit le dessus dans son parlement et ne vouloit entendre à aucune rupture avec la France, que les autres puissances étoient disposées à lui laisser vider sa querelle tout seul, il eut recours à l'entremise du Pape pour conclure son accommode-

1. Gaspard Tello de Guzman, marquîs de la Fuente en 1633, devint par la suite conseiller d'Etat et mourut en 1673. Gourville parle de lui dans ses Mémoires (t. II, p. 5, 19, 20, 26 et 27), et surtout de sa femme, qui était à la solde de la France. Sa correspondance pendant son ambassade est aux Archives nationales dans le carton K 1386 (fonds de Simancas).

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