‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 55 sur 187 · Ou Sablonnière · texte numérisé non relu

Ou Sablonnière

3. Voyez la relation indiquée ci-dessus. Candie-Neuve était une forteresse bâtie par les Turcs à deux milles de la ville.

4. Ce personnage appartenait à une famille saxonne, sur laquelle il a paru à Vienne et à Leipzig, en 1872, une publication intitulée : Familien Chronick der herren von Kielmansegg.

un vent contraire qui survint les empêcha d'approcher assez près de terre pour le faire avec effet, et le sergent Rielmansegg, qui ne fit point la sortie dont on étoit convenu, s'excusa sur ce que, prêt à commencer l'action, il avoit vu les François se retirer. On donna partout dès que le jour permit de distinguer les objets ; et tout ce qui voulut résister, du côté des Turcs, l'ut passé au fil de l'épée. On emporta les tranchées, deux redoutes placées sur la colline, et une batterie de sept pièces de canon postée sur son sommet. Elle fut occupée par le détachement du régiment des gardes. La terreur et l'épouvante étoient parmi les ennemis ; on les voyoit fuir en désordre de toutes parts, et leurs travaux étoient pris, lorsqu'un malheur imprévu renversa des succès si favorables. Le feu prit par accident dans la batterie dont on s'étoit rendu maître. Il y avoit une espèce de magasin de poudre, de bombes et de grenades ; trente ou quarante François sautèrent en l'air. Tous les soldats crurent que c'étoit par l'effet d'une mine. Une terreur panique s'empara de leurs esprits, et, dans un moment, devint universelle. Ils s'imaginèrent que toute cette campagne étoit minée, et qu'il leur alloit en arriver autant qu'à leurs compagnons. La voix et les actions des officiers généraux et particuliers ne les put retenir; ils se renversoient les uns sur les autres et s'enfuyoient dans un désordre extrême du côté de la place.

Les Turcs, profitant de ce désordre, se rassemblèrent et vinrent fondre sur les fuyards avec leur impétuosité ordinaire. Le duc de Navailles et les officiers généraux leur opposèrent vainement quelques

troupes qu'ils avoient ralliées; cet effort ne les put garantir d'une retraite précipitée^.

On perdit le duc de Beaufort, dont on a toujours ignoré la destinée, quelque perquisition qu'on en ait faite ^. Les marquis de Fabert^ et d'Oradour^ furent tués, et quarante officiers ou volontaires, trente mousquetaires du Roi, et mille à douze cents soldats. Le nombre des blessés excéda de beaucoup. Les plus considérables furent MM. de Maulévrier, Le Bret et de Choiseul. Tel fut le succès de cette journée, dont le commencement et la fin furent si différents. On connut alors, mais il n'étoit plus temps, que M. Morosini avoit raison de s'opposer à la précipitation de cette sortie.

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