‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 83 sur 187 · Dans le comté de la Marck, à l'est d'Unna · texte numérisé non relu

Dans le comté de la Marck, à l'est d'Unna

Majesté y étoit plus portée depuis que l'Allemagne se remuoit en leur laveur et que l'Espagne étoit sur le point d'en faire autant : ce qui l'obligeoit à diviser ses forces, [joint à cela que les villes des Provinces- Unies qu'il avoit conquises lui consommoient beaucoup de troupes, qu'il falloit y tenir pour les conserver, ce qui affoiblissoit fort ses armées]. Cependant son ressentiment pour la République duroit toujours, quoiqu'il jugeât bien qu'il ne pourroit ni la détruire, ni conserver aisément ses conquêtes. Il fît donc proposer au prince d'Orange la souveraineté des Provinces- Unies sous la protection de la France, et de lui remettre, sous cette condition, tout ce que ses armes venoient d'occuper sur elles.

Quoique cette offre fût fort tentante pour un jeune prince, celui-ci n'y voulut point entendre, [soit par défiance de la sincérité de la France, soit par d'autres considérations] . Enfin on se prépara de part et d'autre à continuer la guerre, quoique le roi de Suède* offrit sa médiation pour accorder les différends des deux puissances. Elle fut pourtant acceptée, et la ville de Cologne fut choisie pour le congrès ; mais la langueur avec laquelle on s'y porta de part et d'autre fît juger que la paix ne s'achèveroit pas sans répandre encore beaucoup de sang.

L'électeur de Brandebourg, qui avoit envie de gagner à cette guerre, traita seul avec le Roi, qui s'engagea de lui remettre les villes de Wesel, de Reez, Emmerich et le fort de Scliink. Les Hollandois se plaignirent de l'électeur, [qui ne s'en soucioit guère,

Page 1