‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 97 sur 187 · Vol. Guerre · texte numérisé non relu

Vol. Guerre

2. Louis Rattwit, comte de Souches, était originaire de la Rochelle ; après avoir servi en Suède, il était entré dans l'armée impériale et était devenu maréchal de camp général en 1664. Il mourut en 1682, étant membre du conseil de guerre de Vienne.

3. Binche, dans le Hainaut, entre Mons et Gharleroy, était le chef-lieu d'une prévôté importante; Marimont, maison de plaisance bâtie par la reine de Hongrie sœur de Charles-Quint, n'était qu'à une lieue et demie de Binche.

4. Sur la bataille de Seneffe, on peut voir les Mémoires de la Fare, p. 274-276; ceux de Villars, t. I, p. 18-23; la Gazette,

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leur marche, [dès qu'il en fut averti, fit prendre les armes et résolut d'attaquer leur arrière-garde. Il se mit à la tête des troupes, suivi du reste de l'armée], et pourvut à la sûreté de son camp^. Il joignit l'arrièregarde ennemie près de Seneffe. A la première charge, la cavalerie commandée par le prince de Vaudémont plia : elle ne se raUia qu'au débouché d'un défilé, où elle s'épaula de quelques bataillons hollandois qui vinrent la secourir; mais Monsieur le Prince s'empara aussitôt du défilé et fit charger une seconde fois par les gardes du corps, par quelques escadrons de cavalerie légère et par quelques bataillons. Les ennemis furent rompus; on en fit une grande boucherie. Monsieur le Prince, continuant sa pointe, rencontra un second défilé, qu'il gagna, mais où le combat fut beaucoup plus rude qu'il n'avoit été jusque-là. Il battit encore l'ennemi, et eût apparemment poussé plus avant sa victoire, si les Suisses, à qui il commanda de s'emparer d'un troisième défilé, qu'il leur montra, eussent été plus prompts à lui obéir.

Le comte de Souches les prévint avec ses troupes, qu'il ramena sur le bruit du combat, et, faisant tête avec vigueur, occupant des ravines et des terrains favorables, il s'y maintint si bien pendant le reste du jour, qu'il fut impossible à Monsieur le Prince de l'en

p. 907-923, les correspondances que renferment les volumes Guerre 400 et 403, et le récit de Mgr le duc d'Aumale dans le tome VII de son Histoire des princes de Condé. iVotre auteur n'y assistait pas; il était alors, avec son père, à l'armée de Turenne.

1. Il était campé à Piéton, comraanderie de l'ordre de Malte, à quatorze kilomètres ouest de Gharleroy.

chasser, quoiqu'il les fit charger plusieurs fois, et mit en œuvre l'art de la guerre qu'il possédoit à un degré si éminent'.

Le combat avoit duré douze heures ; les deux partis étoient beaucoup affoiblis, fort las et fatigués, [et les deux armées étoient en bataille l'une devant l'autre à s'observer], lorsque, sur les dix heures du soir, les François crurent que le combat alloit recommencer. Les ennemis firent feu sur eux de toute leur ligne, et les surprirent si fort, qu'ils se renversèrent les uns sur les autres. Les ténèbres de la nuit augmentoient le désordre, et Monsieur le Prince, ne pouvant l'apaiser, et craignant des suites funestes, ordonna que toute l'armée retournât dans le premier camp ; mais ce feu des ennemis n'étoit que pour favoriser leur retraite, car ils avoient déjà renvoyé par les derrières toute leur seconde ligne et leur réserve. La première, voulant se retirer sans être pressée, employa ce stratagème, qui lui réussit parfaitement; car toute cette armée ne fut plus inquiétée dans sa marche, et alla camper au lieu où elle avoit résolu d'aller avant le combat.

Les ennemis perdirent environ douze mille hommes, dont un tiers demeura sur le champ de bataille; les autres furent blessés ou faits prisonniers. Parmi eux, il y avoit un duc d'Holstein^, les princes de Salm^ et

1. Roussel [Histoire de Louvois, t. II, p. 42-52) a vivement critiqué l'opiniâtreté de Monsieur le Prince.

2. Joachim-Ernest II, de la branche de Redswich, était général de la cavalerie espagnole aux Pays-Bas ; il devint plus tard amiral d'Ostende et chevalier de la Toison d'or.

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