‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 25 sur 495 · Des préférences accordées à l'autre · texte numérisé non relu

Des préférences accordées à l'autre

6. Jean-Louis-Mario, comte de Fiesque et de Lavagne, prince et vicaire du Saint-Empire, mort le 28 septembre 1708, à soixante et un ans (il n'avouait cependant que quarante-six ans le 8 avril 1696), dernier de la branche des Fieschi de Gênes qui était venue s'établir en France au temps de Catherine de Médicis. Il avait accompagné le Roi pendant les campagnes de 1692 et 1693, comme aide de camp. Sa mère et sa grand'mère avaient joué un rôle considérable dans la maison de Mlle de Montpensier, surtout pendant la Fronde.

7. Le Chansonnier le dit fort bon enfant, avec de l'esprit, de l'agré-

de cette fée, lui fit une chanson et mettre ' un matin sur sa porte2, en grosses3 lettres comme les affiches d'indulgences* aux églises : IMPERTINENCE PLÉNIÈRE5. Peu à peu la compagnie se mêla, le jeu prit un peu plus, l'avarice diminua la bonne chère. La6 Feuillade avoit enfin expulsé le comte d'Auvergne, puis étoit mort7. Le tribunal existoit encore, et la décision souveraine sur tout ce qui se passoit; mais il ne florissoit plus tant. Mortagne, qui, depuis vingt ans, en étoit amoureux, et qui s'étoit fait la justice de n'oser le montrer que par une assiduité pleine de respect, et surtout de silence, parmi une si brillante cour, espéra alors que le moment étoit venu de couronner sa patience : il osa soupirer tout haut et déclarer sa persévérance. Il étoit riche et capitaine de gendarmerie; de l'honneur, de la valeur, de la politesse, avec un esprit doux et médiocre. La fée fut touchée d'un amour si res-

ment et un talent merveilleux de chanteur (ras. Fr. 12 620, p. 75) ; mais Mme de Sévigné lui reprochait d'être di cortesia pik che guerra amico, et on l'accusait de réparer les torts de la fortune aux dépens de ses amies. C'est lui qu'on surnommait le Petit-Bon. Voyez les Mémoires sur Mme de Sévigné, par Walckenaer, tome III, p. 234-235, et les Cours galantes, par M. Desnoireterres, tome IV, p. 17.

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