‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 35 sur 495 · Tome III, p. 133 et · texte numérisé non relu

Tome III, p. 133 et

2. L'affaire des franchises et le conflit de M. de Lavardin avec la cour pontificale sont choses très connues. Il suffira de rappeler le recueil (attribué à Sfondrati) qui fut publié dès 1688, sous ce titre : Legatio marchionis Lavardini Romam, ejusque cum romano pontifice Innocentio XI dissidium, ubi agitur de jure, origine, progressu et abusu quarteriorum, franchitiarum, seu asyli, etc. On trouvera aussi beaucoup de pièces dans les papiers de la Reynie, ms. Joly de Fleury 2522, fol. 331- 471, dans le ms. Ital. 1279, et dans les papiers du P. Léonard, Arch. nat., K 1324, n08 9 et suivants. Les éditeurs des Mémoires de Sourches ont reproduit les principaux documents dans l'Appendice de leur tome II, p. 357-396 ; mais surtout les faits ont été racontés, d'après les archives diplomatiques, par M. Charles Gérin, dans deux mémoires intitulés : l'Ambassade de Lavardin, et : la Disgrâce de M. de Pomponne (Revue des Questions historiques, octobre 1874 et janvier 1878). Entré à Rome le 16 novembre 1687, M. de Lavardin en sortit le 30 avril 1689, par ordre du Roi, et arriva en cour le 16 juillet. Le 25 février précédent, il avait reçu le collier de l'Ordre des mains du cardinal d'Estrées, et le lui avait donné à son tour. Sa réception eut lieu à Versailles le 1er janvier 1690.

3. Bracciane, dans le manuscrit, comme dans les lettres de Mme de Coulanges. Dangeau, Mme de Sévigné, le duc de Luynes francisent encore plus complètement ce nom en Brachane. La duchesse elle-même, celle qui devint princesse des Ursins, signait parfois ainsi, à la française.

4. Dès le milieu de l'année 1687, on pressentait la défection du duc, qui ne pouvait plus longtemps soutenir cette situation fausse, alors que la rupture entre le Pape et Louis XIV était imminente. Pour essayer de le retenir, on dit à sa femme que la pension de vingt mille livres que la cour avait promis de lui faire serait payée régulièrement, mais réduite, il est vrai, à dix mille (décembre 1687). Ce fut en août 1688 que M. de Lavardin lui intima l'ordre de retirer les armes de France qui figuraient sur la façade de son palais, et, tout aussitôt, sans attendre une autre injonction, M. de Bracciano lui renvoya son

Parlant des pays1 étrangers, il est temps de dire que l'électeur de Saxe, de plus en plus établi en Pologne, s'étoit réconcilié presque tous les grands2 qui s'étoient opposés à lui3, et le primat même, qui enfin l'avoit reconnu*.

collier du Saint-Esprit et alla se faire relever par le Pape de l'excommunication lancée contre tous ceux qui avaient commerce avec l'ambassadeur français. L'Espagne lui donna, comme compensation, un collier de la Toison d'or. Quant à Mme de Bracciano, elle resta à Paris, et la pension de dix mille livres lui fut servie dès lors; on distribua seulement l'année échue aux pauvres de Rome. (Journal de Dangeau, tome II, p. 458, 169 et 205; Mémoires de Sourches, tome II, p. 193 et 205; Gazette de 1688, p. 499.)

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