‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 36 sur 495 · Des pays corrige d'Italie · texte numérisé non relu

Des pays corrige d'Italie

2. Littré ne cite que cet exemple de se réconcilier quelqu'un, au sens de gagner ou regagner la faveur. Tallemant a dit de même (tome IV, p. 353) : « Se réconcilier avec ses égaux. »

3. Voyez le récit de 1697, arrêté dans notre tome IV, p. 211, au couronnement de l'électeur de Saxe et à la rentrée du prince de Conti en France. A partir de l'expédition contre l'abbaye d'Oliva, les défections s'étaient multipliées dans le parti français, et les Sapieha, les Lubomirski, les Potocki en avaient donné le premier signal.

4. C'est à la date du 7 juin 1698 que Dangeau (tome VI, p. 362) annonce définitivement cette nouvelle, après avoir mentionné des bruits tout opposés (p. 250, 280, 288, 289, 310, 318, 320, 325, 329, 344 et 345). En mars, on avait encore reçu, par M. Swieykowski, une lettre pressante du primat adressée, comme par le passé, à « Sa Majesté polonaise » (Gazette d'Amsterdam, n08 xxvn, xxix et xxxiv). Cependant, à cette époque, l'accommodement était déjà en bonne voie (ibidem, nos xi, xm, xiv à xvm, et xxv), et le prince de Conti eut le bon sens de repousser ces ouvertures (ibidem, n° xxix, et Journal de Dangeau, tome VI, p. 320). La Gazette d'Amsterdam publia à la fin de son n° xliv la lettre écrite par le cardinal-primat, de Lowitz, le 16 mai, pour annoncer la conclusion du traité entre le Rokotz et le roi Auguste, et, dans l'Extraordinaire lvi, le discours adressé par le cardinal au roi lors de leur première entrevue. Par suite de cet accommodement, la cour de France parut prête à reconnaître le roi Auguste et à recevoir son envoyé, et elle manifesta sa gratitude pour les ménagements que la cour de Rome avait su marquer de part et d'autre (Gazette d'Amsterdam, Extr. l; Annales de la cour, tome II, p. 321-322). Ce dernier recueil ajoute : « Le Roi rendit cependant au prince de Conti l'argent qu'il lui avoit coûté à la poursuite de cette couronne : ce qui lui plut bien autant que s'il l'eût eue sur la tète. Ce n'est pas qu'il eût

Électeur de Saxe

pleinement roi

de Pologne.

M. d'Hanovre*

Il étoit à Varsovie1, et toutes les puissances de l'Europe l'avoient félicité comme roi de Pologne; le nonce Davia i'avoit fort utilement servi à Rome2; mais tous ces exemples ne purent encore rien sur le Roi, qui ne pouvoit voir le prince de Conti sans un grand déplaisir de n'avoir pu s'en défaire honnêtement par une couronne. Mort de Madame, qui pleuroit tous ses parents selon le degré de

parenté, comme les autres en portent le deuil, fut très affligée de la mort du nouvel et premier électeur d'Hanovre3.

l'avarice en partage : j'ai déjà témoigné le contraire par ce que j'en ai dit ; mais, comme il continuoit toujours d'être amoureux, le plaisir qu'il avoit de voir sa maîtresse le rendoit insensible à tout le reste. Il se consoloit d'ailleurs d'avoir manqué cette fortune par les bonnes grâces de Monseigneur, qu'il partageoit avec M. le duc de Vendôme, et par l'espérance qu'il avoit de gagner son procès à la grand'chambre, comme il avoit fait ailleurs. »

1. Le n° îx de la Gazette d'Amsterdam rend compte de l'entrée de ce prince à Varsovie; on en trouvera une relation française dans la copie des Dépêches vénitiennes, filza 190, p. 594-596, au Cabinet des manuscrits. Notre Gazette et le Supplément au Journal de Verdun ont aussi, sur toutes ces affaires de Pologne, des articles excellents.

2. « Il paroît, par les nouvelles, que le nonce du Pape l'a fort bien servi,» (Journal de Dangeau, tome VI, p. 362). Il s'agit non seulement du nonce Davia, qui avait combattu la candidature Conti, mais d'un nonce extraordinaire, M. Paulucci, que le Pape, sur une déclaration définitive de la renonciation du prince français, envoya tout exprès en Pologne pour hâter l'accommodement du primat (Gazette, p. 229, 230, 241, 265, 289-291, etc.; Gazette d'Amsterdam, n09 xii, xiv, xvi et Extr., xxiv, xxxm, xxxiv, xxxvm, xl, xliii, etc.; Annales delà cour, tome II, p. 313-319).

3. Ernest-Auguste, duc de Brunswick, né le 20 novembre 1629, évèque d'Osnabrùck en 1662, duc de Hanovre après la mort de son frère Jean Frédéric (1680), prit une part active aux guerres de l'empereur Léopold, qui créa pour lui, en 1692, un neuvième électorat, avec titre d'archiporte-enseigne de l'Empire établi sur le duché de Lunebourg, les principautés de Zell, de Calenberg et de Grubenhagen, etc., et' lui en donna l'investiture le 19 décembre de la même année. Cet électeur mourut le 3 février 1698 (Journal de Dangeau, tome VI, p. 298). Saint-Simon a déjà parlé de lui et des personnages qui vont

* Cette manchette, dans le manuscrit, est placée deux lignes trop haut.

Il avoit épousé Sophie1, filîe d'une fille du malheureux roi d'Angleterre Charles Ier et de l'électeur palatin qui se fit roi de Bohême, et qui perdit ses Etats et mourut proscrit2. Quoique Madame n'eût jamais guère vu cette tante3, elle lui écrivoit fidèlement des volumes deux et trois fois la semaine depuis qu'elle étoit en France*. Le Roi l'alla voir sur cette mort5.

suivre, à propos de la mort tragique du comte de Kônigsmarck (tome II, p. 251-252).

1. Sophie de Bavière, princesse palatine, mariée le 17 octobre 1658, et non 1653, comme on l'a imprimé par erreur au tome II, p. 251 , note 7 . Voyez l'ouvrage publié à Hanovre en 1810, par Feder : Sophie churfûrstin von Hannover in Umriss. Le duc était luthérien, sa femme calviniste, et leur fille sans religion, dit Gourville (Mémoires, p. 581), qui essaya sans succès de convertir le premier en 1687, et qui prétend que la duchesse aurait cédé plus volontiers. Spirituelle, très versée dans la philosophie et liée particulièrement avec Leibnitz, elle montrait en toute occasion un extrême attachement aux idées aristocratiques.

2. Ce sont presque les mêmes termes dont il s'est déjà servi en 1695.

3. Madame avait été cependant élevée par l'électrice Sophie, à Heidelberg, jusqu'à l'âge de douze ans, et c'est de là, comme Saint-Simon le dira lui-même ailleurs, que venait le grand attachement dont témoigne sa correspondance. On ne comprend donc pas cette phrase-ci.

4. Comparez la suite des Mémoires, tomes III, p. 38, VI, p. 259, et X, p. 190. Nous aurons plus tard à parler de la correspondance de Madame. C'est le jeudi et le dimanche que, sans cesser la conversation ou sans quitter le jeu des yeux, Madame écrivait à l'Électrice des lettres de vingt à trente feuillets, mais, il est vrai, d'une écriture fort lâche et espacée. M. Ranke a, le premier, en 1861, dans le cinquième volume de son Histoke de France, donné un choix de ces lettres à l'électrice de Hanovre, que Brunet croyait perdues. Elles furent traduites chez nous, en 1861, par M. Rolland, et, en 1880, par M. Ernest Jaeglé. Les textes allemands ont pris place dans la publication complète commencée en 1867, par M. W.-L. Holland, de Tûbingen, sous les auspices de la Société littéraire de Stuttgart, qui avait déjà patronné, en 1843, la publication partielle de Menzel.

5. « On eut nouvelle que M. le duc d'Hanovre étoit mort : il avoit épousé la princesse Sophie, tante de Madame. Madame a été fort affligée de cette mort; elle est demeurée à Paris, quoiqu'elle eût compté d'être du voyage de Meudon. — Le Roi, après avoir entendu le sermon (à Versailles), alla voir Madame sur la mort de M. le duc d'Hanovre, et ensuite S. M. alla au salut. Mgr le duc de Bourgogne alla chez Mon-

Ses affaires ne finissoient point avec l'électeur palatin1, qui avoit à payer, et qui différent toujours sur toutes sortes de prétextes2. Le Roi voulut envoyer pour cela à Ratisbonne3 Crécy4, qui entendoit bien les affaires d'Allemagne5; mais celle-ci étoit une affaire de droit et un procès, dont Crécy aima mieux se débarrasser sur un Obrechtva autre, et il proposa Obrecht6, qui y fut envoyé7. C'étoit

sieur et chez Madame, le matin, pour faire ses compliments, et Mme la duchesse de Bourgogne y alla en sortant de vêpres. » (Journal de Dangeau, tome VI, p. -298 et 299, 19 et 23 février 1698.)

1. Jean-Guillaume-Joseph de Bavière-Neubourg : tome III, p. 303, note 3.

2. Madame n'avait aucune prétention sur le corps du Palatinat, ni sur l'électorat, mais des droits sur certains fiefs qui devaient lui revenir, quoiqu'elle fût femme, de la succession de ses frères les électeurs Charles-Louis et Charles, morts sans hoirs mâles en 1680 et 1685. Le jugement du litige avait été déféré au Pape en 1685 ; mais l'Empereur s'y était opposé, puis la guerre avait éclaté. A Ryswyk, il avait été convenu qu'en attendant la liquidation des droits de Madame, l'Électeur lui donnerait deux cent mille livres par an. Jusque-là, il n'avait délivré que les objets mobiliers, argent, meubles précieux, tapisseries, etc. L'Empereur et le roi de France avaient été désignés pour arbitres, le Pape pour sur-arbitre en cas de partage. (Journal de Dangeau, tome VI, p. 221 et 479.) C'est, comme on le verra en son lieu (tome III de 1873, p. 253), le Pape qui trancha définitivement le litige en 1702.

3. Ville impériale dans la basse Bavière, sur le Danube, fameuse comme siège des diètes de l'Empire, qui se tenaient au château.

4. Tomes II, p. 242 et 243, III, p. 279-300, et IV, p. 139-142.

5. Crécy avait déjà négocié à Ratisbonne, et nous avons une relation de son séjour en cette ville (1679-1683), dans le ras. Bibl. nat., Fr. 23331.

6. Ulrich Obrecht, petit-fils d'un professeur célèbre, naquit à Strasbourg le 23 juillet 1647, et y mourut le 6 août 1701. Versé, dès son enfance, dans l'étude des langues classiques et dans la pratique des langues vivantes, profondément instruit en histoire et en jurisprudence, professeur à l'Université de Strasbourg, auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur le droit des gens, il avait été converti par les soins de Pellisson et des jésuites, était venu abjurer le luthéranisme entre les mains de Bossuet, en 1684, et avait été nommé préteur royal l'année suivante.

7. Dangeau s'exprime ainsi (Journal, tome VI, p. 298, 2 1 février 1698) : « Le Roi avoit jeté les yeux sur M. de Crécy pour l'envoyer à Aixla-Chapelle, où se doivent régler les prétentions de Madame contre M. l'électeur palatin; mais il s'en est excusé sur ce que ce n'est point une affaire de négociation, et que ce sera une discussion qui ne regarde

le préteur royal1 de Strasbourg, un génie fort au dessus de son état et l'homme d'Allemagne qui en possédoit le mieux les lois et les coutumes2. M. de Louvois le sut gagner, et lui sut mettre les troupes du Roi dans Strasbourg, en pleine paix3, sans coup férir, qui nous est demeuré depuis*.

proprement que la jurisprudence des lieux où les biens sont situés. Il a même nommé au Roi, sur cela, l'homme qu'il croit le plus propre à conduire cette affaire, qui est M. Obreicht (sic), préteur royal de Strasbourg, qui est déjà fort instruit de cette affaire. » La correspondance d'Obrecht pendant les négociations se trouve à la Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 6516, avec quelques papiers sur les affaires d'Alsace, ms. 6769. Avant son départ pour l'Allemagne, on avait essayé de traiter avec le baron de Wiser, chancelier de l'Électeur; mais les pourparlers n'avaient pas abouti. Obrecht se rendit donc à Francfort avec l'abbé de Thésut, qui avait déjà représenté Madame à Ryswyk, et les conférences commencèrent le 4 décembre (Gazette d'Amsterdam, n08 xlvi, xlvii. Extr. xlviii, lxxxvi, xc et ci ; lettres de Madame, dans le recueil Jaeglé, tome I, p. 185- 187, 211 et 216; documents reproduits dans les Dépêches vénitiennes, tilza 191, p. 196-213, 373-374 et 383-393). Obrecht resta à Francfort jusqu'à la fin de juin 1699, et il y retourna encore deux mois plus tard ; on lui donna, en 1700, une gratification de six mille livres, et il fit alors une publication fort importante sur la succession d'Espagne.

1. Le préteur royal, espèce de vice-roi, fut établi en mars 1685, pour présider toutes les chambres et tribunaux de la ville, et pour y veiller aux intérêts du Roi et de la couronne. Il ne faut pas le confondre avec le préteur-régent, qui présidait le Sénat. (Legrelle, Louis XIV et Strasbourg, 3' édition, p. 667-668 et 677.)

2. Voyez les titres de ses ouvrages dans Moréri et dans Bayle.

3. Strasbourg fut occupé le 30 octobre 1681 : voyez la Gazette de cette année, p. 612-620, etc.; les Mémoires de Sourches, qui donnent le texte de la capitulation, tome I, p. 24-27; les Œuvres de Louis XIV, tome IV, p. 191 et suivantes; les Lettres historiques de Pellisson, tome III, p. 345 et suivantes ; les Mémoires de Pomponne, tome II, p. 161-165 ; et, parmi les publications modernes, l'Histoire de Louvois, par M. Camille Rousset, tome III, p. 32 et suivantes; le Recueil des instructions données aux ambassadeurs (Autriche), publié par M. Sorel, p. 91 et suivantes; Louis XIV et Strasbourg, par M. Legrelle, 3e édition, p. 519 et suivantes. Dans ce dernier ouvrage, le rôle d'Obrecht en 1681 est signalé particulièrement, p. 522. Saint-Simon dit quelques mots de l'annexion de 1681, « œuvre admirable de Louvois, » dans son Parallèle, p. 220.

4. Nous avons vu que la conservation de Strasbourg avait été éner-

à Ratisbonne

pour

les affaires

de Madame

avec l'électeur

palatin.

Le Czar; Le Czar1 avoit déjà commencé ses voyages. Il a tant et

ses voyages. gj justemen|; fait de bruit dans le monde, que je serai succinct sur un prince si grand et si connu, et qui le sera sans doute de la postérité la plus reculée pour avoir rendu redoutable à toute l'Europe et mêlé nécessairement, à l'avenir, dans les affaires de toute cette partie du monde une cour qui n'en avoit jamais été une et une nation méprisée et entièrement ignorée pour sa barbarie"2. Ce prince étoit en Hollande, à apprendre lui-même et à pratiquer la construction des vaisseaux3. Bien qu'zn-

giquement réclamée lors des négociations de 1697. « Strasbourg, disait Vauban, ne se doit non plus restituer que le faubourg Saint-Germain. » (Mémoire de 1694, dans le Supplément aux Oisivetés, p. 71.)

1. Pierre Ier, surnommé le Grand, né le 11 juin 1672 et mort le 8 février 1725. Proclamé czar de Moscovie à l'âge de dix ans, il avait été contraint par la force de partager la couronne avec un frère aîné consanguin jusqu'au commencement de 1696, et son règne personnel s'était ouvert, avant les grandes réformes dont Saint-Simon fait ici l'éloge, par la prise d'Azof sur les Turcs. C'est à la suite de ce succès et pour étudier la création d'une marine russe qu'il entreprit de visiter incognito les principales puissances maritimes.

2. A l'époque où nous placent en ce moment les Mémoires, c'està-dire en 1698, on publia à Paris une Relation curieuse et nouvelle de Moscovie.

3. C'est en mai 1697 qu'il avait quitté la Russie à la suite d'une ambassade composée du chancelier Golovin, du général le Fort, dont il va être parlé, et du gouverneur général de la Sibérie, avec une suite de six cents personnes. Après avoir paru, dans un incognito strict, en Suède et à la cour de Brandebourg, il était venu se faire inscrire à Amsterdam parmi les charpentiers de l'Amirauté, sous le nom de Pierre Michaïlof, et prenait depuis lors une part active aux travaux des chantiers, qu'il ne quitta, pour aller passer quelque temps en Angleterre, qu'au commencement de 1698 (Journal de Dangeau, tome VI, p. 294; Gazette d'Amsterdam, 1698, nos v et suivants). L'ambassadeur Erizzo écrivait alors, de Paris à Venise : « Confondu au milieu de ses gens, le Czar assiste à toutes les cérémonies et se montre extrêmement avide d'apprendre les arts, l'art nautique par-dessus tous, et, chaque jour, il y travaille pendant plusieurs heures. Il assiste à la construction des vaisseaux, monte au haut des mâts, et se plaît à tenir le gouvernail lorsqu'on navigue. D'ailleurs barbare dans ses habitudes et brutal {féroce) avec les siens comme avec tous autres, il donne des coups de

cognito, suivant sa pointe1 et ne voulant point s'incommoder de sa grandeur ni de personne, il se faisoit pourtant tout rendre2, mais à sa mode et à sa façon. Il trouva sourdement mauvais3 que l'Angleterre ne s'étoit pas assez pressée de lui envoyer une ambassade dans ce proche voisinage, d'autant que, sans se commettre, il avoit fort envie de lier avec elle pour le commerce4. Enfin l'ambassade arriva : il différa de lui donner audience, puis donna le jour et l'heure, mais à bord d'un gros vaisseau hollandois qu'il devoit aller examiner. Il y avoit deux ambassadeurs, qui trouvèrent le lieu sauvage5; mais il fallut bien y passer. Ce fut bien pis quand ils furent arrivés à bord : le Czar leur fit dire qu'il étoit à la hune, et que c'étoit là où il les verroit. Les ambassadeurs, qui n'avoient pas le pied assez marin pour hasarder les échelles de corde6, s'excusèrent d'y monter; le Czar insista, et les ambassadeurs fort troublés d'une proposition si étrange et si opiniâtre. A la fin, à quelques réponses brusques aux derniers messages, ils sentirent bien qu'il falloit sauter ce fâcheux bâton 7, et ils montèrent. Dans ce terpoing et de pied à quiconque s'approche pour le regarder. » (Dépêches vénitiennes, au Cabinet des manuscrits, filza 190, p. 390.)

1 . « Pointe se dit d'un dessein qu'on a fait, d'une résolution constante : « Un habile homme poursuit toujours sa pointe. » (Furetière.) Nous avons déjà eu la même expression, appliquée aux opérations militaires, dans notre tome II, p. 156.

2. C'est-à-dire rendre tous les honneurs, tous les égards qu'il estimait lui être dus.

3. Après mauvais, Saint-Simon avait d'abord écrit, puis a biffé : de ce.

4. Notre Gazette dit (p. 203) qu'il voulait négocier un emprunt en Angleterre contre cession, pour quelques années, du monopole de la vente du tabac dans ses États, et cette opération se fit effectivement. Il y resta du 20 janvier à la rai-avril.

5. Adjectif déjà rencontré avec un sens analogue, mais qualifiant des rimes : tome III, p. 184.

6. Hasarder avec un complément direct, au sens de : se risquer sur.

7. Nous avons déjà rencontré cette locution, mais sans la signaler, au tome I, p. 90. Saint-Simon l'emploie fréquemment: voyez plus loin, p. 353. — « On dit : faire sauter le bâton à quelqu'un, pour dire : IV

rain si serré1 et si fort au milieu des airs, le Czar les reçut avec la même majesté que s'il eût été sur son trône : il écouta la harangue, répondit obligeamment pour le roi et la nation, puis se moqua de la peur qui étoit peinte sur le visage des ambassadeurs, et leur fit sentir en riant que c'étoit la punition d'être arrivés auprès de lui trop tard. Le roi Guillaume, de son côté, avoit déjà compris les grandes qualités de ce prince, et fit de sa part tout ce qu'il put pour être bien avec lui. Tant fut procédé entre eux qu'enfin le Czar, curieux de tout voir et de tout apprendre, passa en Angleterre, toujours incognito, mais à sa façon : il y fut reçu en monarque qu'on veut gagner, et, après avoir bien satisfait ses vues, repassa en Hollande2. 11 avoit dessein d'aller à Venise, à Rome et dans toute l'Italie, surtout de voir le Roi et la France3. Il fit sonder le Roi là-dessus, et le Czar fut mortifié * de ce que le Roi déclina honnêtement sa visite, de laquelle il ne voulut point s'embarrasser. Peu après en avoir perdu l'espérance5, il se résolut de voyager en Allemagne et d'aller jusqu'à Vienne0. L'Empereur le reçut à la Favorite7, accompagné seulement de deux de

bliger à faire quelque chose contre sa volonté, par une métaphore tirée des charlatans qui font sauter un bâton à des singes et à des chiens qu'ils ont dressés à cela. » (Furetière.)

4. Serré, rétréci. On sait que la hune est une étroite plate-forme à balcon qui entoure les mâts à quelque distance du sommet, et sur laquelle les matelots prennent place pour la manœuvre.

2. Journal de Dangeau, tome VI, p. 345. Guillaume lui fit cadeau d'un navire tout équipé et lui donna le spectacle d'un combat naval.

3. Quoique Dangeau et la Gazette disent que le Czar revint en Hollande pour passer à Vienne (avril 4698), il semble que son projet de visite en France était arrêté dès lors ; quant au voyage d'Italie, c'est seulement à Vienne que le Czar y songea.

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