Voyez ce qu'il a dit dans notre tome VI, p
3. On s'étonne de ne pas voir d'allusion plus directe à la fameuse note que le Roi remit aux mains de l'archevêque de Reims, en 1695, sur l'inconduite de son neveu, et qui, suivant Dangeau (tome V, p. 313, avec note du duc de Luynes), força Barbezieux à travailler davantage et à renoncer à certains plaisirs, notamment à son équipage de chasse. Le résumé de cette pièce a été publié dans les Œuvres de Louis XIV, tome VI, p. 24, et le texte dans la Revue encyclopédique de 1825, tome XXVIII, p. 337-342 (par Barbier), puis dans le Spectateur 7nilitaire de 1844, p. 110-117, et, par M. Chéruel, dans l'Appendice du tome XII des Mémoires, édit. 1856, p. 505-507, etc. Voltaire (Siècle de Louis XIV, chap. xxvm) en connut l'original, qui est dans les papiers des Joly de Fleury .
l'excès de son ambition ' ; mais ce n'en fut pas une pour* la cour et le monde, qui gagna beaucoup à la mort d'un homme que tous ses talents n'auroient rendu que plus terrible à mesure de sa puissance, et dont la sûreté étoit très médiocre dans le commerce, et fort accusée dans les affaires de sa gestion, non par avarice, car c'étoit la libéralité, la magnificence et la prodigalité même, qui l'avoient déjà mené bien loin, mais pour servir ou pour nuire, et surtout pour aller à son but. On a vu, sur le siège de Barcelone et sur M. de Noailles3, un échantillon de ce qu'il savoit faire*.
Aussitôt qu'il fut mort, Saint-Pouenge5 le vint dire au
1. Quoique Saint-Simon ait dit, en 1694 (tome II, p. 163), que Barbezieux, « avec tous ses grands airs, sentoit plus l'intendant que le général d'armée, » il lui attribue, en d'autres endroits (Addition au Journal de Dangeau, sur Louis XIV, tome XVI, p. 31, et notre tome VII, p. 359), un « esprit supérieur, » et ne voit que le chancelier Pontchartrain à lui comparer de tous les derniers ministres du grand roi ; mais la Fare et le marquis d'Argenson, dans leurs Mémoires, expliquent ce qu'il faut entendre par là : le premier (p. 298) dit que Barbezieux avait plus d'esprit que son frère Courtenvaux, mais pas davantage de sagesse ni d'expérience, et le second (ci-dessus, p. 3, note 2), qu'il « avoit naturellement de l'esprit, une conception vive et prompte, et une grande habitude, de
détails » Comme secrétaire d'État de la guerre, nous savons déjà
qu'il était conseillé et dirigé en tout par Chamlay, lequel jouissait de la contiauce entière du Roi. Le détail des bureaux retombait sur M. de Saint-Pouenge, qui avait sous lui un premier commis très laborieux, nommé Alexandre (Journal de Dangeau, tome VIII, p. 163). Les autres premiers commis étaient Tourmont, Charpentier, du Fresnoy, ce dernier déjà connu de nous, ainsi que sa femme, mais mort eu 1698.