‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 9 sur 548 · Et et les premières lettres de natureW surchargent à ne · texte numérisé non relu

Et et les premières lettres de natureW surchargent à ne

3. Comparez le passage de d'Àrgenson donné ci-dessus, p. 3, note 2.

4. Il était franchement paresseux (Papiers du P. Léonard, Arch. nat., MM 828, fol. 18); mais surtout, comme Saint-Simon l'a dit dans l'Addition n° 277 (tome VI, p. 444), il voulait, par ses galanteries et ses succès féminins, « être à la mode » et « du bel air. » De là ses voyages fréquents à Paris, « où les plaisirs le détournoient, » et cet éclat de 1698 avec sa seconde femme et les d'Alègre (tome VI, p. 55-58). On avait songé à lui faire épouser Pauline de Grignan, et sa première femme, Mlle d'Uzès, avait été visée pour Saint-Simon, sinon pour le duc du Maine.

5. Comparez l'Addition au Journal de Dangeau, tome III, p. 365- 366 : « Mme de Maintenon (à la mort de Louvois) prit ouvertement la protection de Barbezieux, et flatta si bien le Roi du plaisir de le former aux affaires, et d'en avoir cependant tout l'honneur, que le Roi s'en expliqua souvent d'une manière peu décente, et compta de recouvrer ainsi la gloire qu'il se croyoit dérobée par le père. » C'est ce qu'a dit l'ambassadeur vénitien, et ce fut le même sentiment qui fit donner à Chamillart la succession de Barbezieux : voyez notre tome VII, p. 439, et

il701i DE SAINT-SIMON. Il

percevoit très bien de ses absences et de ses fièvres factices'.Mais Mme de Maintenon, qui avoit perdu son père trop puissant9, et par des raisons personnelles, protégeoit le fils, qui étoit en respect devant elle et hors d'état d'en sortir à son égard. C'ètoit, à tout prendre, de quoi faire un grand ministre, mais étrangement dangereux3. C'est même une question si ce fut une perte pour l'État par

une anecdote rapportée par d'Alcmbcrt dans 1 éloge du président Rose : Histoire des membres de l'Académie françoise, tome I, p. 496-499. La Fare dit de. même (Mémoires, p. 298) que ce fut l'amour-propre qui poussa le Roi à faire de ce jeune homme frivole un secrétaire d'État. On chanta alors ce couplet (ms. Fr. 12 691, p. 279):

Tout le monde est surpris du choix

Du plus grand roi de la terre,

D'avoir pris un jeune bourgeois

Pour le ministre de la guerre,

Qui passe le jour à lorgner,

Toute la nuit à ivrogner.

1. Voyez, entre autres passages du Journal de Dangeau, celui du 6 janvier 1692, tome IV, p. 4 : « M. de Barbezieux est malade depuis quelques jours, et le Roi travaille encore plus qu'à son ordinaire ; » et cet autre passage, du 28 du même mois (p. 15) : « Le Roi ne sortit point de tout le jour, non plus que hier. Il donne beaucoup d'audiences et travaille tout le reste du jour; il s'est accoutumé à dicter, et fait écrire à M. de Barbezieux, sous lui, toutes les lettres importantes qui regardent les affaires de la guerre. » Nous l'avons vu, en 1693, apprendre la promotion de sept maréchaux « par les chemins, » et recevoir un « coup de caveçon » du Roi (tome I, p. 116). Le 15 août 1697, il était encore absent quand arriva la nouvelle que Barcelone était pris, et ce fut Saint-Pouenge qui introduisit M. de Chemerault chez le Roi : notre tome IV, p. 154.

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