‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 115 sur 548 · Le g corrige un d · texte numérisé non relu

Le g corrige un d

°2. Vayrac dit (p. 391) : « 11 faut savoir... qu'il y a cette différence, entre nos juges inférieurs et ceux d'Espagne, qu'en France ils ne se mêlent que d'administrer la justice, au lieu qu'en Espagne ils se mêlent de tout ce qui regarde la police : de sorte qu'outre qu'un corrigidor [tic] est comme un lieutenant civil ou comme un baillif, il fait encore les fonctions de lieutenant de police, de prévôt des marchands, d'échevin, de maire, de consul, et même de gouverneur dans les villes qui ne sont pas places de guerre. » C'est ce que va répéter à peu près notre auteur.

3. Ces trois charges, dont le siège commun, à Paris, était le Châtelet, avaient été démembrées successivement des attributions primitives du prévôt de Paris. Nous avons vu (tome IV, p. 10-14) que la dernière, créée en mars 1667, était passée des mains de M. de la Reynie à celles de M. d'Argenson, en 1697; il sera parlé également de M. le Camus, qui possédait la charge de lieutenant civil depuis 1671. Celle de lieutenant criminel avait été, depuis 1666, exercée par M. Deftita, remplacé en 1700 par Nicolas le Conte.

4. 11 n'y avait que deux prévôts des marchands en France, à Paris et à Lyon. Les autres villes étaient administrées par des maires.

5. Corrégidors, régidors ou alcades étaient chargés, non seulement de maintenir le bon ordre, mais aussi de taxer les denrées, de distribuer les troupes par quartiers, de pourvoir à leur subsistance, aux logements, aux transports, etc. Toutefois, on avait enlevé l'administration financière à ceux de Madrid (Gazette, 1680, p. 649 et 673).

6. Vayrac dit peu de chose des attributions des vice-rois, capitaines généraux et gouverneurs particuliers (tome 111, p. 394-396), si ce n'est

par ce1 court détail quel personnage c'est dans la monarchie5. Aussi en est-il le premier, le plus accrédité, et le plus puissant tandis qu'il3 exerce cette grande charge, et, dès que la personne du roi n'est pas dans Madrid, il y a seul la même autorité que lui, sans exception aucune. Son rang aussi répond à un si vaste pouvoir. Il ne rend jamais aucune visite à qui que ce soit, et ne donne chez lui la main à personne. Les grands d'Espagne, qui ont affaire à lui tous les jours, essuient cette hauteur, et ne sont ni reçus ni conduits : la vérité est qu'ils le font avertir, et qu'ils entrent et sortent par un degré dérobé. Les cardinaux et les ambassadeurs de tète couronnée n'ont pas plus de privilège4 ; tout ce qu'ils ont, c'est qu'ils envoient lui demander audience : il répond toujours qu'il est indisposé, mais que cela ne l'empêchera pas de les recevoir tel jour et à telle heure. Ils s'y rendent, sont reçus et conduits par ses domestiques et ses gentilshommes, et le trouvent au lit, quelque bien qu'il se porte. Quand il sort, et ce ne peut être que pour aller

pour faire remarquer que leurs pouvoirs, contrairement à l'organisation française, comprenaient la justice contentieuse outre la police et la discipline militaire, ("'est pourquoi ils relevaient du conseil de Castille.

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