‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 120 sur 548 · Quarau biffé, et carreau récril à la place · texte numérisé non relu

Quarau biffé, et carreau récril à la place

3. H rapportera bientôt, en 1702 (tome III de 1873, p. 355), que Philippe Y, par complaisance pour Ubilla, devenu marquis de Rivas, lui permit de s'asseoir au lias bout de la table. Mais un de ses prédécesseurs, Emmanuel de Lira, avait déjà obtenu pareille permission du vivant de Charles II, en 1686 : Gazette, p. 66. Nos secrétaires d'État restaient aus>i debout au conseil des dépêches, les sièges ('tant réservés pour les seuls ministres.

4. Il a déjà été dit un mol de ces secrétaires dans le tome VII, p. 2HI. note 1. En 1370. on en avait créé deux, l'un pour l'Espagne el le Nord, l'autre pour l'Italie (Theatro universal, tome IV, p. 31 et suivantes). Du temps du maréchal de Gramont (ses Mémoires, \>. 321), les papiers et dépèches du conseil d'État se réparti ssaient entre trois secré-

Cettc manchette csl placée deux lignes trop bas dans le manuscrit.

(jui travailloit toujours avec le roi, «•( celui de la guerre, qui n'y travailloit guères, et jamais ne le suivoit en aucun voyage hors Madrid, qui tàchoient de se mettre sur le pied de nos secrétaires d'État d'aujourd'hui, surtout le premier, qui étoit Grimaldo, quoique venu des bureaux comme les autres1, et Castellar'2 qui est mort ici depuis

t aires, dont l'un avait pour département l'Italie et l'Allemagne, le second la Flandre et la Hollande, le troisième les Indes et le dedans de l'Espagne. Mais, vers la lin du règne de Charles 11, la Gazette (4695, p. 316, et 1699, p. 426), la Gazelle d'Amsterdam de 1697 (n"i.xx\i\/, les Helazioni (Espagna, tome II, p. 526, 637 et 638) en comptent de sept à dix. Cette organisation des secrétaireries fut modifiée plusieurs fois, notamment en novembre 1714 (Gazette, p. 580); leurs attributions et la chronologie ont été données par Garma, au tome IV du Theatro.

1. Joseph Grimaldo Gutierez de Solorzano, né en Biscaye en 1660, commença par être sous-commis, puis secrétaire particulier de notre Orry, lorsque celui-ci fut chargé de réorganiser les finances espagnoles, passa ensuite premier commis, reçut en 170.'), de Mme des Ursius et de M. Amelot, le département de la guerre et des finances, détaché du despacho universal et érigé en secrétairerie d'État, fut fait gentilhomme de la chambre en août 1707, reçut en avril 1711 une commanderie de l'ordre de Saint-Jacques, et en octobre un titre castillan de marquis, fut fait en outre secrétaire de la nouvelle reine en janvier 1715, se maintint en charge malgré Alberoni, et devint, après sou départ, secrétaire du despacho et principal ministre, reçut, pour lui et pour son fils, en 1720, la dignité de chancelier de la Toison d'or, fut fait conseiller d'État le 22 juin 1721. président du conseil des affaires étrangères en novembre 1721 et ministre de la marine et du commerce en avril 1723, reçut un collier de la Toison lorsque Philippe V abdiqua en 1724, revint au pouvoir avec ce prince, en septembre 1724, comme secrétaire d'État des affaires étrangères du despacho, mais pour un temps très court, jusqu'en septembre 1726, se retira alors en gardant les émoluments de la place, et mourut à Madrid, le 3 juillet 1733, dans sa soixante-treizième année. Nous verrons Saint-Simon se lier avec lui.

2. Balthazar Patifio, d'une famille galicienne établie à Milan, débuta dans les bureaux de Madrid, fut envoyé en mission secrète à Paris, devint intendant général du royaume d'Aragon, avec une commanderie et le titre de marquis de Castellar, fut fait secrétaire du conseil de la guerre en 1720, secrétaire des dépèches de la marine et de la guerre en janvier 1721, fut destitué en 1725, mais obtint en janvier 1726 le poste d'ambassadeur à Venise, puis une charge de gentilhomme de la chambre sans exercice, ne partit point pour l'Italie, eut. après la destitution île

ambassadeur, frère de Patino alors premier ministre'.

Passons maintenant à la cour, et vovons-en les princi- Les trois

, • » i ri. » !»• . 1 charges'.

paux emplois, et même quelques médiocres-, pour 1 intel- ^Md &ls 36^

ligence de ce qui suivra, et pour ne plus interrompre un

récit plus intéressant. 11 y en3 a trois, qui répondent ici au

grand maître, au grand chambellan et au grand écuyer,

cpi'on appelle tout court les trois charges, parce qu'elles

sont à peu près égales entre elles1, et sans proportion avec

toutes les autres. Ce sont toujours trois grands, à qui elles

M. de Ripperda, la secrétairerie d'État de la guerre, en mai 1726, et ne quitta plus ce poste qu'en août 1730, pour venir en France comme ambassadeur extraordinaire. Il mourut dans ces fonctions, à Paris, le •19 octobre 1733, âgé de soixante-trois ans.

1. Joseph Patino, né à Milan le 11 avril 1666, entra dans l'ordre des jésuites après avoir été élevé à leur collège de Rome, mais le quitta pour se faire le collaborateur de son frère aîné, devint successivement intendant de marine à Cadix, intendant de l'armée en Estramadure (1711) et en Catalogne (1713), gouverneur de cette dernière province, secrétaire des finances des Indes (novembre 1714), intendant général de la marine (1716), gouverneur d'Andalousie et commissaire général de la guerre. Comme son frère, il subit une courte disgrâce au commencement de 17u26, pendant le ministère de M. de Ripperda, mais reprit le département de la marine et des Indes dès le mois de mai, y joignit les finances et la maison du roi en septembre, entra au conseil d'État le 30 novembre 1729, reçut la Toison d'or en août 1732, devint premier ministre et tout-puissant en 1734, après la mort de son frère, mais tomba tout aussitôt malade, il mourut à Saint-lldephonse, le 3 novembre 1736, ayant été fait, à son lit de mort, grand de la première classe, avec succession pour son neveu et pension pour sa nièce, il était alors conseiller d'État, secrétaire du despacho universal, secrétaire d'État des affaires étrangères, de la guerre, de la marine, des Indes et des finances, gouverneur de la salle des Millions, surintendant général des revenus du royaume, et avait une commanderie de l'ordre de Saint-Jacques. — Saint-Simon parlera souvent de ces deux frères, qui, selon lui, se haïrent toute leur vie, quoique ayant des carrières parallèles. Don Antonio Rodriguez Villa leur a consacré une étude historique en 18X2.

1. Quelque médiocres, dans le manuscrit, avec le signe du pluriel ajouté seulement à médiocre.

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