De la surcharge rem\plis
2. « Le carrosse de la camarera-mayor et celui des duenas et autres dames du palais (ont) à leurs portières les galants auxquels elles ont permis de les accompagner, et leur garde-dame[s] à leur suite, à cheval. Lorsque la nuit survient, les pages du roi et les galants des dames éclairent le cortège avec des flambeaux. » (Vai/rac, p. 278-279.)
3. Le manuscrit n'a pas d'alinéa ici. — 4. Ci-après, p. 183-191.
5. Comparez les Mémoires de Fontenay-Mareuil, p. 56, et la Vie du duc d'Ossonc, traduite de Gregorio Leti, tome I, p. 43-44. Il ne faut pas prendre cela à la lettre, car, en dehors de la cour, les titres, les charges, la grandesse, même les vice-royautés, s'achetaient souvent, sinon par un marché, au moins par un don fait au roi : Addition au Journal de Dangeau, tome VII, p. 455; Mémoires de Louville, tome I, p. 76-77; Mémoires de Mme d'Aulnoy, tome I, p. 416-417. Ainsi, en 1695, les vice-royautés du Mexique et du Pérou furent vendues pour deux cent
appointements en sont fort petits, comme ils étoient anciennement en France ' : le majordome-major du roi, qui a plus du double de toutes les autres charges, n'a guères que vingt-cinq mille livres2; il y en a très peu à mille pistoles1, et beaucoup fort au-dessous. Les deux majordomesmajors, les majordomes et la camarera-mayor tirent, outre leurs appointements, force commodités de leurs charges, ainsi que les deux grands écuyers et les deux premiers écuyers; le capitaine des hallebardiers tire aussi quelque chose de la sienne au delà de ses appointements.
Il faut remarquer que le sommelier et les gentils- Gentilshommes hommes de la chambre portent tous une grande clef qui la chambre
1 ° * avec et sans
sort, par le manche, de la couture de la patte de leur exercice, poche droite. Le cercle de cette clef est ridiculement large et oblong; il est doré, et est encore rattaché à la boutonnière du coin de la poche avec un ruban qui voltige, de
trente et deux cent cinquante mille écus au marquis de Canete et au marquis d'Eguas (Gazette, p. 280, 304, 339, 364, 387 et 460, de Madrid). En 1682, les officiers du conseil des finances avaient payé cinquante mille écus pour que la grande chancellerie héréditaire de ce conseil ne fût pas remplie; en 1683, le marquis de Castromonte l'obtint pour pareille somme, en y joignant un prêt de quatre mille pistoles (Gazette, 1683, p. 222). Les gazettes fournissent constamment des exemples du même genre. Mais cette sorte de vénalité ne donnait point la propriété des charges, et c'est ce que Saint-Simon a pu vouloir dire.
1. Voyez le. tableau des appointements de chaque grande charge à l'année 1722, tome XVIII, p. 137-138; comparez les Mémoires de Mme d'Aulnoy, tome I, p. 416-417, l'état des gages et dépenses de la cour donné par Vayrac, tome III, p. 443, et la Vie (lu duc d'Ossone, tome I, p. o4-59.
2. Dix-huit cents pistoles d'Espagne, qui valaient trois ou quatre livres de plus que la pistole fixée à dix livres en France, comme simple monnaie de compte. Le majordome-major de la reine n'avait que treize cents pistoles.
3. Les capitaines des gardes du corps, celui des hallebardiers, et les deux colonels des régiments des gardes. Le grand écuyer n'avait que neuf cents pistoles, le premier écuyer trois cents, le sommelier du corps quatre cent trente, les majordomes quatre cents, les gentilshommes de la chambre quatre-vingt-dix. Dans les conseils, au contraire, les appointements et profits étaient souvent considérables.
IKO MÉMOIRES 17(11
couleur indifférente1. Les valets intérieurs, qui sont en très petit nombre, la portent2 de même, à la différence que ce cpii paroit de leur clef n'est point3 doré. Cette clef ouvre toutes les portes des appartements du roi de ton- ses palais en Espagne. Si un deux vient à perdre sa ciel, il est obligé d'en avertir le sommelier, qui sur-le-champ fait changer toutes les serrures et toutes les clefs au dépens 1 de celui qui a perdu la sienne, à qui il en coûte plus de dix mille écus. Cette clef se porte partout comme je viens de l'expliquer, et tous les jours, même hors d'Espagne; mais, parmi les gentilshommes de la chambre, il y en a de deux sortes : de véritables clefs qui ouvrent, et qui sont pour les gentilshommes de la chambre en exercice, et des clefs qui n'en ont que la figure, qui n'ouvrent rien, et qui s'appellent des clefs caponnes*, pour les gentilshommes sans exercice et qui n'ont que le titre et l'extérieur de
I. État présent de l'Espagne, tome 11. p. 120; Mémoires de Mmed'Àul-
noy, tome 1, p. 413; Mémoires de Louville, tome I. p. l'î'l. On distingue la clef et la médaille à l'effigie royale sur le portrait du marquis de Villafranca place'' eu tête de la Noticia de la gran rasa de lus marqueses de Villafranca, par Fr. Geronimo do Sosa ilf>77). Le port d'une clef dorée, comme insigne de la fonction de chambellan, est encore général dans les cours modernes; mais on ne le connaissait pas en France sous l'ancienne monarchie : les quatre premiers gentilshommes de la chambre ne portaient aucun attribut distinctif, et il n'y avait point de chambellans équivalant aux gentilshommes de la chambre espagnols; seul, notre grand chambellan plaçait derrière l'écu de ses armes deux clefs dorées en sautoir. En Autriche, en Danemark, les chambellans, et, en Angleterre, le premier gentilhomme, avaient la clef d'or : Journal de Dangeau, tome Vil, p. 98; Gazelle de 1679, p. b'38, de 1705, p. 302, et de 1720, p. 3.
"2. Le pluriel a été ajouté après coup.