‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 142 sur 548 · Voyez la suite des Mémoires, tome V de 1873, p · texte numérisé non relu

Voyez la suite des Mémoires, tome V de 1873, p

6. Ici, il a biffé : « Revenons maintenant d'où nous sommes partis. »

7. « Le roi d'Espagne commença le 20 (février 1701) à s'habiller

à l'espagnole, avec la gonille, et se montra en public dans cet habilla. ■ [Journal de Danaeau, tome VIII, p. 58; comparez la Gazette, p. 125, et la Correspondance générale de Mme de Maintenait, (orne IV,

d'Espagne à l'ar- gcments et réformes'. D'une trentaine de gentilshommes

rivée du roi.

I>. 109.) L'habillement national des courtisans était des plus modi lorsque le maréchal de Gramonl alla en ambassade à Madrid, en 1660 /ses Mémoires, p. 326), il estimait ;'i cent écus, tout au plus, la dépense annuelle du grand seigneur qui s'habillait le mieux. Les deux pièces caractéristiques, dont Dangeau a confondu ici les noms (même erreur dans les Lettres de ïessé, p. 17), étaient la gonella, petite jupe descendant sur les cuisses, noire antique gonnelle, et surtout la goliïla, collet en carton recouvert de linge, qui serrait le cou au point d'empêcher tout mouvement, espèce de hausse-col, « ni fraise, ni rabat, ni cravate, » aussi incommode que ridicule, dit Mme d'Aulnoy (tome I. p. 195-196) : « petite rotonde de quinze sols, » dit une relation de 1660 [Archives curieuses de l'histoire de France, 2* série, tome VIII, p. 314). C'est Philippe IV qui avait fait adopter la golille, et l'on célébrait tous les online fête commémorative de son inauguration. A l'endroit indiqué tout à l'heure, le maréchal de Gramont dit : « Deux ou trois golillas, qui valent bien deux réaux chacune, est tout ce qui leur coûte en lin^e, car la chemise blanche n'est certainement pas en vogue, même chez les plus galants. » En 1680 (Gazette, p. iX6), on avait songé à défendre le port de la golille aux gens de métier, comme celui de l'épée et de l'habit de soie, de même (pie l'usage des carre ses aux gens non litre''-. En 1700, au contraire, M. d'Escalona conseillait de laisser 1' - habit de golille » aux gens de robe cl de plume, et d'imposer l'habit militaire ou français, dont il va être parlé", à la noblesse cl aux gens de cour (recueil Hippeau, tome II, p. 320; voyez ci-après, appendice XII, p. Beaucoup de courtisans, par enthousiasme, sans attendre le signal, avaient résolu de se vêtir désormais ainsi, el le commerce français le demandait instamment {Correspondance des Contrôleurs généraux, tome 11, p. 482) ; mais le duc d'Harcourt obtint qu'on laissât la question se résoudre toute seule (Hippeau, p. 425 et 452 ; Affaires étrangères, mss. Ledran, vol. Espagne [mémoires et documents] 94, fol. 121). La golille ne manqua pas de gêner le jeune roi el de lui écorcher le cou : il se vengea gaiement en faisant contre elle une fable laliue. que le P. Commire mil en vers iambiques, et qui fut traduite aussi en vers fiançais lArch. nat., K 1332, n° 1', fol. 120-125) ; mais il continua à la porter dans les « fonctions » publiques, elle comte d'Aven l'imita. Pour le couronnement, ou plutôt l'entrée solennelle, toute la cour s'habilla à la française, le roi seul à l'espagnole (Sourches, tome VII, p. Il; Mémoires de ■Souilles, p. 134- 137), et nous verrons l'habit espagnol, avec la golille, abandonnés à la petite magistrature, aux hommes de loi, à la bourgeoisie.

I . Journal de Dangeau, tome VIII, p. ."> 1 el .'iN ; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 18; Diario d'Ubilla, p. 74-79; Gazette de 1701, p. 125; recueil Hippeau, tome II, p. 503-504.

de la chambre en exercice1, il les réduisit à six, et ôta les appointements à ceux qui n'avoient jamais eu d'exercice2. Le comte de Palma, grand d'Espagne et neveu du cardinal Portocarrero3, eut la vice-royauté de Catalogne en la place du prince de Darmstadt, qui sortit* d'Espagne sans revenir à Madrid5. Le duc d'Escalona, qu'on appeloit plus ordinairement le marquis deVillena6, alla relever en Sicile

\. Ci-dessus, p. 163-165. 179-181, et ci-après, p. S70. Il y en avait quarante-deux, avons-nous dit ; trente-six ne gardèrent que leurs entrées.

2. La Gazette (p. 125) compte six gentilshommes conservés, quatre majordomes, douze gentilshommes de la bouche, dix gentilshommes de la maison, douze ayndas de camara, dont la Roche est le premier.

3. Tome VII, p. "249. Imhof a donné la filiation de cette branche dans ses Genealogiœ XX in Hispania illustrium familiarum, p. 256.

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