‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 145 sur 548 · Ci-dessus, p. 163-164 et · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 163-164 et

6. On a vu ci-dessus que c'était l'amiranle de Castille, duc de Rio-

préféra à la sienne de majordome-major, je ne sais par quelle fantaisie, sinon qu'ayant désormais affaire à un jeune roi, il la trouva plus brillante et crut qu'il seroit souvent dehors, en voyage, à la chasse, à la guerre, où le grand éeuyer a plus beau jeu que le majordome-major1. Le marquis de Villafranca2 le fut en sa place, et, par ce qu'il avoit fait sur le testament, et par son voto fameux3, il avoit bien mérité cette grande récompense. La duchesse d'Os-

seco, et non le Connétable, qui avait la charge de grand éeuyer depuis 1695. Le rôle de l'Amirante dans les derniers temps de Charles 11 (tome VII, p. 237 et suivantes) justifiait les inquiétudes de la junte et des conseillers de Philippe V; toutefois, il aura encore des hésitations à prendre parti contre Philippe V. Quant au Connétable, qui avait une des charges de gentilhomme de la chambre, il connut également le déplaisir d'en être dépouillé, à cause de ses attaches avec la reine Marie-Anne (Sourches, tome VII, p. 40); mais ce n'était qu'une suite de la mesure générale dont il a été parlé p. 183. Voyez ci-après, p. 554 et 559, les Relations vénitienne».

1. Ci-dessus, p. 165-168, et ci-après, p. 570. Sa lettre de remerciement à Louis XIV, datée du 24 février, est aux Affaires étrangères, vol. Espagne 87, fol. 492. M. de Torcy disait peu après, dans l'instruction pour M. de Marcin (recueil Hippeau, tome I, p. clxxxvi) : « Le Koi n'a pas été bien informé de la raison de ce changement ; la seule qui ait paru est qu'on a voulu oter à L'Amirante la charge de grand éeuyer, et que. n'ayant personne propre à la bien remplir, ou l'a donnée au duc de Medina-Sidonia comme à celui dont la fidélité paroissoit la plus assurée. En effet, il se conduit bien.... » L'abbé de Vayrac a consigné dans ['Étal présent de l'Espagne, tome III, p. 171-172, les témoignages que ce duc donna de son attachement inébranlable à la cause de Philippe V. Il avait eu pour première femme la tille de M. de Benavente.

2. Tome VII, p. 250 et 239-260. Villafranca avait soixante-cinq ans; sa nomination au conseil d'Etat remontait au mois d'avril 1680, époque où il avait renoncé au commandement de la mer Méditerranée, après l'avoir eu quatre ans. Voyez, ci-après, p. 560 et 562, les Relations vénitiennes, et, p. 333-534, le Portrait de la cour d'Espagne en l'OI .

3. Tome VII, p. 267-277, 286, 313 et 314.— Voto, vote consultatif, dit le dictionnaire de l'Académie espagnole. — L'historien allemand L. de Ranke a reproduit, d'après les originaux, dans le tome V de son ouvrage sur la France att.c xfi' et XVtï' siècles (p. 378-379 de la traductioni, les délibérations du conseil d'Espagne du 6 juin 1700, où M. de Villafranca démontra, au profit de la France, que les renonciations étaient caduques.

sone1, dont j'aurai lieu de parler2, disoit de lui et de don Martin de Tolède, depuis duc d'Albe et mort ambassadeur en France1, qu'ils 4étoient tous deux Espagnols ea chausses et en pourpoint, l'un en vieux, l'autre en jeune. Yillafranca, ainsi que VilIena5,avoient beaucoup du caractère du duc de Montausier0; mais ce dernier n'étoit point espagnol pour l'habit : de sa vie, il n'avoit porté golille, ni l'habit espagnol; il le disoit insupportable, et partout fut, toute sa vie, vêtu à la françoise. Cela s'appeloit en Espagne a la flamande ou à la guerrière, et presque personne ne s'habilloit ainsi7. Le comte de Benavente fut conservé somme-

1. D'Ossone semble surcharger dont li [eu]. — Marie-Bemigilde Fernandez de Velasco y Benavidès, héritière du IXe connétable de Castille, VIII* duc de Frias, avait épousé, en décembre 1694, le duc d'Osuna (tome VII, p. 371 et 372). Elle mourut à Madrid, le 1" décembre 17:>i, dans sa cinquante et unième année.

2. Il la cultiva beaucoup pendant son ambassade à Madrid, mais cependant n'a guère parlé d'elle qu'une fois : tome XVIII des Mémoires, p. 226.

3. Antoine-Martin Alvarez de Tolède Guzman y Bcaumont Ilcnriqucz de Bibera Fcrnandez Manrique, 1X° due d'Alba, Alva ou Albe, duc d'Huescar, etc., gentilhomme de la chambre, grand connétable et grand chancelier de Navarre, avait encore, eu 1701, son père, surnommé le padre eterno, qui lui remit alors la charge de connétable de Navarre, et il eut aussi la grandesse (Gazette, p. 150). 11 fut nommé ambassadeur en France en mars 1703, sommelier du corps en 1708, plénipotentiaire aux conférences de Hollande en 1709, et mourut à Paris, le 28 mai 1711, à quarante-deux ans. Voyez son article, ci-après, p. 544, dans le Portrait de la cour d'Espagne. 11 s'était montré très favorable à la France dans les péripéties de l'année 1700, à ce que raconte Vayrac, dans l'État présent de l'Espagne, tome III, p. 20-21.

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