au singulier, par mégarde
5. 11 a dit déjà (tome VII, p. 260) que le premier était « un personnage à l'antique, » et a comparé le second (p. 266) à notre chevalier Bayart. J'ai signalé le portrait de Villafranca, à quarante et un ans, en tète de la généalogie de sa maison (p. 180, note 1). C'était un si grand esclave de l'étiquette de sa cour, qu'il voulut empêcher qu'on lit un mobilier à la française pour Philippe V (Mémoires de Nouilles, p. 96 ; Affaires étrangères, vol. Espagne 97, fol. 228).
6. Voyez, dans notre tome VII, p. 381, l'Addition n° 323 et les notes.
7. Voyez ci-dessus, p. 183, note 7. Ce sont les seigneurs flamands qui
lier du corps1; il se prit d'une telle affection pour le Roi, qu'il pleuroit souvent de tendresse en le regardant2.
Puisque j'y suis, je ne veux pas oublier une singularité singularitédé ces deux seigneurs et de quelques autres d'Espagne. Le (lc' suzeraineto duché de Bragance en Portugal3 relève du comte de Bena- de quelques
avaient introduit, dès le temps d'Henri IV et de Louis XIII, le costume à la française, beaucoup plus alerte que l'habit espagnol, lequel, avec les chausses longues jusqu'au genou, le grand manteau et les cheveux courts, donnait l'apparence de gens de robe ou d'Église (Mémoires de Fontenaij-Mareuil, p. 52). Quand Mme d'Aulnoy alla en Espagne (ses Mémoires, tome I, p. 517), il était encore exceptionnel de voir de ces habillements français, autrement dits à la militaire et à la Schônberg ; mais, sur la lin de sa vie, Charles II, déjà malade, avait lui-même quitté momentanément l'habit espagnol, au grand scandale de ses sujets (Dangeau, tome VI, p. 3*25), et sa veuve eût envoyé un habit à la wallonne, tout couvert de pierreries, au jeune duc d'Anjou, si la junte ne s'y était opposée (Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 1868, '2e partie, p. 24). L'habit espagnol subit le même sort que la golille (ci-dessus, p. 183, note 7), et finit par ne plus se voir que dans la classe bourgeoise. (Dictionnaire de Trévoux, art. Golille). A Lisbonne, de même, la reine de Portugal avait forcé ses dames à prendre les robes à la française (Gazette, 1694, p. 269); à Milan, les femmes de condition n'en portaient pas d'autres (Lettres de Tessé, publiées par le comte de Rambuteau, p. 10). En revanche, les habits de daines à l'espagnole commencèrent à avoir la vogue à Versailles en 1702 (Journal de Dangeau, tome VIII, p. 338; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 223; Mercure, février 170*2, p. 409-410). Voyez Additions et corrections. "1. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 51 et 58. 2. Comme l'a fait le cardinal Portocarrero à l'arrivée : ci-dessus, p. 102. L'instruction pour M. de Martin (publiée dans le recueil Hippeau, tome 1, p. ci.xxxvi), après avoir dit que Benaventc a été conservé dans sa charge, ajoute : « Il paroit avoir pour le roi catholique régnant aujourd'hui le même zèle qu'il avoit pour son premier maître. Au reste, sou esprit et sa capacité sont également médiocres. » C'est ce que Blécourt annonçait dès le mois de novembre 1700. Louville (ci-après, p. 569, note) raconte des histoires étonnantes de sa crédulité à la sorcellerie, aux carrosses enchantés, aux perruques à sortilège, etc. C'était, comme M. de Villafranca, un esclave de l'étiquette : Addition au Journal de Dangeau, tome XII, p. 322-323, et Portrait de la cour d'Espagne, ci-après, p. 535-536. On a un dessin lavé, de son portrait, de la collection du Saint-Esprit, dans le ms. Clairanibault 1 171, fol. 44. 3. Ci-dessus, p. 108.
grands d'Es- vente1, duquel les armes* sont sur la porte du château de pagnp- Bragance à la droite de celles du roi de Portugal3; toutes deux sont saluées une fois l'an en cérémonie : le premier salut est aux armes du comte, et le second à celles du roi*. Le duc de Medina-Celi, qui lors étoit sept fois grand d'Espagne, et dont les grandesses se sont depuis plus que doublées5, mais qui n'en a pas plus de rang, ni de préférence parmi les autres grands, que s'il n'en avoit qu'une6,
1. Les Benavente descendaient, selon Imhof (Grands, p. 183), du chevalier portugais Jean-Alphonse Pimentel, venu en Castille avec la femme du roi Jean I", et c'est lui qui avait épousé une Menezès dame de Bragance; mais il céda au roi Henri III cette ville, qu'il avait vaillamment défendue contre ses compatriotes portugais, pour recevoir en échange le comté de Benavente, ancien duché du royaume de Léon ( I398).Vovez aussi les Geneaïogise XX illustrium in Hispania familiarum, p. 229-240.
2. Les Benavente portaient : écartelé, aux un et quatre, d'or à trois fasces de gueules, et, aux deux et trois, de sinople à cinq coquilles d'argent en sauloir. Voyez le dictionnaire de Barbosa, tome I, p. 382-385.
3. La maison royale de Portugal avait pour armes : d'argent à cinq écussons d'azur en croix, chargés chacun de cinq besants d'argent eu sautoir, un point de sable au milieu de chaque besant; à la bordure de gueules chargée de sept châteaux d'or, pour rappeler l'alliance de Castille. Les ducs de Bragance avaient porté d'abord : d'argent au sautoir de gueules, chargé de cinq écussons de Portugal ancien. Plus tard, ils avaient pris les mêmes armes que la maison royale, en les brisant d'un lambel d'argent, comme puînés.
4. Voyez ci-après, p. 536, le Portrait de la cour (F Espagne en 1701.
5. Il était « IXe duc de Medina-Celi, VIIIe de Segorbe et de Cardona, et VIe d'Alcala, marquis de Dénia, de Comarès, de Cogolludo, d'Alcaladc-1'Alameda, de Tarifa, de Pallars et de Villamizar, comte de Sainle- Cadea. de Buendia, de Pradès, d'Ampudia, d'Ampurias, du Port-Sainte- Marie et de los Molarès, vicomte de Villamur. » iVayrac. État présent de l'Espagne, tome III, p. 155.) Louville dit qu'étant sept fois grand d'Espagne, il était sept fois plus corrompu que les autres, et l'emportait sur tous en ambition, en prodigalité, en licence (Mémoires de Noailles, p. 121). Comparez la Relation vénitienne de 1680. tome II, p. 516-517, et, ci-après, p. 538, le Portrait de la cour en 1701,
6. Il dira plus tard (tome III de 1873, p. 164) que le nombre des grandesses « ne peut guères diminuer que par la chute des grandesses à d'autres grands par héritage, comme le duc de Medina-Celi, qui en a recueilli seize ou dix-sept, qui toutes sont sur sa lète. et qui toutes
Lers d'État.
ne signe jamais que : El Duque-Duque^ pour faire entendre sa grandeur par ce redoublement de titre sans ajouter de nom. Le marquis deVillena, qui est aussi duc d'Escalona, signe : El Marques, sans y rien ajouter'; mais le marquis d'Astorga*, qui est Guzman et grand d'Espagne aussi, signe de même, de manière qu'il faut connoître leur écriture pour savoir lequel c'est. 11 est pourtant vrai que le droit passe en Espagne pour être du côté de Villena, et qu'il est cru le premier marquis d'Espagne3. Le duc de Veragua signe tout court : El Admirante'-Duque, à cause de son titre héréditaire d'amiral des Indes donné aux Colomb5.
11 faut maintenant achever les6 conseillers d'Etat. Je Autres consoil n'ai fait connoître que ceux qui ont eu part au testament d'une manière ou d'une autre7. Ce caractère8 est le bout de
ne peuvent passer de lui que sur la même tête, sans (pie celui qui on a ce grand nombre ait la moindre préférence en rien par-dessus les autres grands, ni même parmi eux.... » Comparez le tome XVIII, p. 112.
1. Ci-après, p. ,ViK. Voyez ses lettres, ainsi signées, à M. de Vaudémont, dans les niss. Lorraine 799 et SOU, à la Bibliothèque nationale.
2. Melchior de Guzman Ossorio Avila y Zuniga, XIIe marquis d'Astorga, de Velada, San-Roman, Villamanrique et Ayamonte, comte de Trastaniare. Sainte-Marthe et Villalobos, commandeur dans l'ordre de Calatrava, reçu grand d'Espagne, comme tils de l'héritière d'Astorga et de Velada, en juin 1693, vice-roi de Calice en 1696 : voyez Imhof, XX in Hispania familise, p. 221. C'est lui qui, mourant le 15 avril 1710, dénonça les menées du duc de Medina-Celi, quoiqu'il eût épousé sa sœur : Dangeau, tome XIII, p. 1 il ; Elut présent de l'Espagne, tome III, p. 'iX, et ci-après, Portrait de la cour, p. 549.
3. Garma, Theatrode Espana, tome III, p. 300-302. Astorga, au royaume de Léon, avait été érigé eu marquisat, en 1465, par le roi Henri IV; linliof dit (pie Villena, en Castille, lut érigé par le même prince, pour son favori J. Pacheco, mais sans indiquer la date, et, dès 1480, le roi l'avait repris au tils : nonobstant quoi les ducs d'Escalona (Vieille-Castille, au N. 0. de Tolède), héritiers de celui-ci, en gardèrent le titre. Saint- Simon fixera plus tard (tome XVIII, p. 114) l'érection de Villena à 1468.