Avant appuyée, il a biffé un et
4. Il écrit: Urse, selon la prononciation encore conservée de nos jours. — Conrad-Albert Schetz, dont le bisaïeul avait été substitué au nom des comtes d'Ursel par la dernière héritière, était gentilhomme de la chambre et mestre de camp général depuis le mois de septembre 1698, ayant fait auparavant les fonctions de général des dragons en Milanais, puis de lieutenant-colonel du régiment Royal de cavalerie donné au prince de Darmstadt. En décembre 1700, il était venu avec le duc d'Osuna à Versailles (tome VII, p. 372), où l'on avait trouvé qu'il avait l'air français, parlait parfaitement la langue et était assez bien fait : Gazette, p. 643 et 656; lettre de Larroque, dans le ms. Lancelot 8, fol. 224 v°.
5. Voyez ci-dessus, p. 169, ce cpji a été dit de la garde du roi. C'est à la fin de décembre 1701 que Philippe V y adjoignit une compagnie de cent mousquetaires à cheval (Mercure, mars 1702, p. 278-280). Louville se mit sur les rangs pour en obtenir le commandement ; niais M. de Beauvillier estima que le comte d'Ursel, de qui était venu le premier projet de levée (Affaires étrangères, vol. Espagne 91, fol. 100), valait mieux comme naissance, et la sous-lieutenance fut donnée en outre au frère de celui-ci; l'enseigne seulement revint au frère de Louville (Journal de Dangeau, tomcXUl, p. 267; Mémoires de Louville, tome 11, p. 100- 101). Avant ces nominations, le comte d'Ursel était encore passé par Paris, venant de Catalogne, et avait eu du succès à la cour (Journal, tome VIII, p. 230 et 267). Il y reparut en janvier 1704, retournant alors en Flandre avec son frère, parce que leur compagnie avait été cassée et fondue dans les gardes à cheval. Deux ans et demi plus tard, d'Ursel et son compatriote le marquis de Wcstcrloo, de qui il va être parlé, aban-
mariage avec le marquis de Westerloo1, riche seigneur flamand de la maison de Mérode*et chevalier de la Toison d'or3, qui s'étoit avancé à Bayonne, et qui, sur l'incident fait par le cardinal Portocarrero, n'avoit osé aller plus loin1. DTrsel y conduisit la fille du duc deMonteleon, qui, en arrivant à Bayonne, y épousa le marquis de Westerloo, et s'en alla toute de suite avec lui à Bruxelles, et le comte d'Ursel s'en revint à Madrid5. Le cardinal, qui de plus en plus serroit la mesure6 tant que la fuite fut concertée et exécutée, la sut quand le secret en fut devenu inutile, et que Monteleon compta n'avoir plus rien à craindre depuis que sa fille étoit mariée, en France, et
donnèrent Philippe V pour l'Archiduc, qui les fit membres du conseil souverain établi à Bruxelles (Journal, tomes IX, p. 416, et XI, p. 212). Le premier fut créé duc d'Ursel et d'Hoboken par diplôme impérial du 24 avril 1717, et mourut le 3 mai 1738, ayant épousé en 1714 une fille de ce prince de Salm que nous avons vu faire le mariage du futur empereur Joseph. (Écrits inédits de Saint-Simon, tome VI, p. 354.)
1. Jean -Philippe-Eugène, comte de Mérode et du Saint-Empire, marquis de Westerloo, en Brabant, né à Bruxelles le 22 juin 1674, grand de la première classe, avait suivi à la défense d'Oran contre les Maures le duc de Holstein, second mari de sa mère, général et amiral au service de l'Espagne. Fait brigadier en 1701, maréchal de camp en 1704, il combattit encore avec l'armée espagnole à Hochstedt et à Luzzara, mais passa au parti opposé après la conquête de la Belgique, devint colonel d'un régiment de dragons de son nom et général de la cavalerie (1703), gentilhomme de la chambre (1711), vice-président du conseil de guerre et feld-maréchal (1717), capitaine des trabans de la garde, conseiller d'État'actuel (1720). 11 mourut en Allemagne, le 12 septembre 1732, s'étant remarié à une Nassau en 1721. Il existe deux portraits de lui en Belgique, chez le marquis actuel, président du Sénat, et l'on y conserve le manuscrit de ses mémoires sur la guerre de Succession, qui ont été imprimés en 1840, mais incomplètement.
2. Sur cette maison, voyez le Mercure de janvier 1708, p. 76-80.
3. Il avait été reçu le 29 juin 1694, ayant été nommé en 1689.
4. M. de Westerloo se trouvait encore en Flandre, ayant été l'objet de mesures disciplinaires, ainsi que le prince d'Acquaviva, pour n'avoir pas rejoint immédiatement son régiment (ci-après, p. 387, et Gazette d'Amsterdam, janvier 1701, n"" vu et ix, de Bruxelles).
3. H. d'Ursel n'avait pas eu le rôle qui lui est prêté ici. 6. Locution déjà rencontrée au tome V, p. 130.
avec son mari en chemin des Pays-Bas ; mais il ignoroit encore jusqu'à quel excès se peut porter la passion d'un prêtre tout-puissant, qui se voit échapper d'entre les mains une proie qu'il s'étoit dès longtemps ménagée. Portocarrero, en furie, ne se ménagea plus, alla trouver le roi, lui rendit compte de cette affaire, et lui demanda la permission de la poursuivre. Le roi, tout jeune et arrivant presque, et tout neuf encore aux coutumes d'Espagne, ne pensa jamais que cette poursuite fût autre qu'ecclésiastique, comme diocésain de Madrid1, et, sans s'en informer, n'en put refuser le cardinal, qui, au partir de là, sans perdre un instant, fait assembler le conseil de Castille'2, de concert avec Arias, gouverneur de ce conseil et son ami, et avec Monterey, qui s'y livra par je ne sais quel motif3; et là, dans la même séance, en trois heures de temps, un arrêt par lequel Monteleon fut condamné à perdre six cent mille livres de rente en Sicile, applicables aux dépenses de la guerre, à être lui appréhendé au corps jusque dans le palais de la reine à Tolède, mis et lié sur un cheval, conduit ainsi dans les prisons de 1A1hambra à Grenade4, où il y avoit plus de cent lieues, et par les plus grandes chaleurs, d'y demeurer prisonnier et gardé à vue le reste de sa vie, et, de plus, de représenter sa
1. Nous avons vu, au tome VII, p. 249, que Madrid, qui ne possédait qu'un archidiacre, et point d'évèque, était du diocèse de Tolède.
"2. Non pas le conseil, mais la chambre de Castille, dit Leuville, quoique, en un ou deux endroits de sa lettre, il ait écrit : conseil, au lieu de chambre. Celle-ci (Vayrac, État présent, tome III, p. 330-335) se composait seulement du président et de trois ou quatre conseillers, d'un rapporteur et d'un secrétaire. Les attributions du conseil s'étendaient sur la juridiction ecclésiastique; mais on a vu ci-dessus (p. 143, note 7) que les abus et dénis de justice y étaient très fréquents.
3. Les seules personnes qui voulussent le mariage Mortara étaient le comte de Monterey et la comtesse de Palma, femme du neveu de Portocarrero. Selon M. de Westerloo, c'est le duc de Montalto, oncle de Mlle Pignatelli, qui avait négocié l'autre mariage, et les premières ouvertures avaient été faites, dès 1(597, en Italie, par le comte d'Aguilar.