‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 180 sur 548 · écrit : domiuiguains · texte numérisé non relu

écrit : domiuiguains

2. Le roi avait un dominicain, la reine un franciscain, les infants un augustin : Vie du duc d'Ossone, trad. de Leti, tome I, p. 34. Le confesseur royal touchait mille écus d'appointements, plus douze mille livres comme second officier de l'Inquisition, et il avait la nomination à toutes les chaires de théologie. Voyez deux mémoires des jésuites, sur ses attributions, au Dépôt des affaires étrangères, vol. Espagne 90, fol. 383 et 383. Nous avons un catalogue des confesseurs d'État, depuis saint Ferdinand, dans les Papiers du P. Léonard, Arch. nat., L 943, n" 3.

3. Quoique né en Espagne, c'est en Languedoc que le fondateur de l'ordre des frères prêcheurs ou dominicains créa cet ordre en 1215 pour lutter par la prédication contre l'hérésie albigeoise. Il s'établit ensuite à Rome, avec mission d'examiner les thèses et les livres; mais c'est seulement après saint Dominique que l'ordre, déjà accru outre mesure, eut charge d'organiser en Espagne le tribunal de l'Inquisition, et c'est sous le règne de Ferdinand le Catholique que fut créée la dignité de grand inquisiteur (ci-dessus, p. 104) pour Thomas de Torquemada,

quels1, comme partout ailleurs où elle est établie, et où s ils tenoient le haut bout', et soutenus de toute la maison de Guzman, une des plus grandes d'Espagne, de laquelle étoient plusieurs grands et plusieurs grands seigneurs \ qui tous se faisoient un grand honneur de porter le même nom que saint Dominique5. Le crédit des jésuites fit que le Roi ne balança pas d'en donner un pour confesseur au roi

prieur des dominicains de Ségovie. Saint-Simon s'étendra à plusieurs reprises sur les effets néfastes, selon lui, de cette institution en Espagne. Le maréchal de Grainont, en décrivant son organisation (Mémoires, p. 320-321), dit que c'était « le principal fondement sur lequel les rois catholiques avaient prétendu élever et soutenir leur grande machine de domination. » Un des premiers actes du gouvernement de Philippe V a été de se délivrer du grand inquisiteur : ci-dessus, p. 104.

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