Voyez la suite des Mémoires, tome XI, p
4. Il avait l'habitude de manger plus que trois hommes, malgré des diarrhées très fréquentes, et, comme il ne faisait d'exercice qu'à cheval, « n'étant pas trop bien planté sur ses jambes, » son corps s'était épaissi outre mesure (Mémoires de Sourches, tome I, p. 153 et 309). Toutefois, en cette occasion-ci, il faut dire, comme circonstance atténuante, ([ne le prince, jeûnant tout le carême, n'avait mangé le matin, après la messe, qu'une croûte de pain, avec une « prise » de chocolat, qu'il avait chasse'' la journée entière, et était arrivé affamé à Versailles (Gazette d'Amsterdam, n" xxv).
je viens de dire. Le Roi, tout déboutonné1, se leva de son prie-Dieu à l'instant, et descendit chez Monseigneur par un petit degré noir, étroit et difficile2, qui, du fonds de l'antichambre qui joignoit sa chambre3, descendoit tout droit dans ce qu'on appeloit le Caveau, qui 4 étoit un cabinet assez obscur sur la petite cour5, qui avoit une porte dans la ruelle du lit de Monseigneur, et une autre qui* entroit dans son premier grand cabinet sur le jardin7. Ce caveau avoit un lit dans une alcôve où il couchoit souvent l'hiver; mais, comme c'étoit un fort petit lieu, il se déshabilloit et s'habilloit toujours dans sa chambre. Mme la duchesse de Bourgogne, qui ne faisoit aussi que passer chez elle, arriva en même temps que le Roi, et, dans un instant, la chambre de Monseigneur, qui étoit vaste, se trouva pleine. Ils trouvèrent Monseigneur à demi nu", que ses gens promenoient, ou plutôt tramoient par la chambre''. Il ne connut ni le Roi, qui lui parla, ni per-
1. Ce détail n'est pas emprunté au Journal de Dangeau comme tous
les autres.
1. L'escalier par lequel Claude de Saint-Simon vint chercher le cardinal de Richelieu lors de la journée des Dupes, \i novembre 1630 : Catalogue du musée de Versailles, par Soulié, tomes I, p. 17(>. et 11, p. 197; le Château de Versailles, par M. Dussioux, tome I. p. 295-296.
3. Le salon des lîassans qui forma plus tard une partie de l'OEil-de- Bœuf.