‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 195 sur 548 · Avant défendoit, il a biffé leur · texte numérisé non relu

Avant défendoit, il a biffé leur

7. Le président Houille, notre ambassadeur à Lisbonne, avait conclu, l'année précédente, le 4 mars 1700, un traité avantageux pour le commerce de la rivière des Amazones (Journal de Dangeau, tome VII, p. 293; Papiers du P. Léonard, Arch. nat., K 1333, n" 13).

8. Guillaume III faisait agir M. de Galway auprès du roi D. Pierre; mais, soutenu par les Sousa et les Cadaval (ci-dessus, p. 128, note 6), le président Rouillé l'emporta, et le traité fut signé. Même à Lisbonne, on crut jusqu'en août qu'il ne s'agissoit que de neutralité : Gazette d'Amsterdam, Extr. xxix, xxx et xxxi, n°' lvii, lxxviii et lxxxvi ; l'Esprit des cours, 1701, 2" partie, p. 87-90 et 295-302; Mémoires, par Lamberty, tome I, p. 415-417 et 547-348. Voyez les mss. Lcdran aux Affaires étrangères, vol. Espagne (mémoires et documents) 94, fol. 108 v à 112, et vol. 95, fol. 38-48, 149 v" à 151, 171 v à 194.

9. On envoya de France des officiers pour dresser l'armée portugaise,

sur la gorge', à recevoir les vaisseaux et les troupes de1 ces deux nations, de se joindre à elles contre l'Espagne malgré lui, et de la prendre ainsi par le seul endroit en prise, et qui fit sentir tout le danger et toute la dépense de ce que nous avions manqué3. Cette faute et celle du renvoi des garnisons hollandoises4 furent capitales et influèrent sur tout. Celle encore d'espérer toujours contre toute espérance, et cette délicatesse de ne vouloir pas paroitre agresseur, et de s'opiniàtrer à se laisser attaquer après tous les amusements et tous les délais qu'ils5 voulurent employer, fut une autre cause de ruine. Avec un parti pris et le courage et la célérité du début des précédentes guerres, on les auroit déconcertés et réduits'1 à l'impossible avant qu'ils se fussent arrangés, et on les eût réduits à cette paix qu'on desiroit tant par la posture où on se seroitmis de leur faire tout craindre pour eux-mêmes. Mais nos ministres n'étoient plus les mêmes, et on ne s'aperçut que trop tôt après que c'étoit aussi d'autres généraux. L'autre traité fut celui par lequel M. de Mantoue livra au Roi ses places et ses Etats7. Rien n'étoit plus impor-

rlont le roi D. Pierre offrait de détacher dix mille hommes à destination de l'Italie, et l'amiral de Châteaurenault alla renforcer, et surtout rassurer les habitants de Lisbonne, qui l'avaient déjà connu en 1681 : Journal, tome VIII, p. 167, 182 et "209. Voyez ci-après, p. 293.

1. « On dit figurément : prendre un homme à la gorge, pour dire : le contraindre avec violence de faire quelque chose. On dit en même sens : tenir le poing sur la gorge à quelqu'un, lui mettre, lui tenir le. pied sur la gorge. » (Académie, 1718.)

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