Réduit, au singulier, dans le manuscrit
7. Voyez ci-dessus, p. 1-2. Comme le roi de Portugal, le duc de Mantoue avait été l'objet des plus fortes sollicitations de nos ennemis ; Villars (tome I, p. 326) prétend que, s'il se déclara pour la France, ce fut dans l'espoir de piller ses voisins de Modène et de Parme. Il sisna
11T0IJ DE SAINT-SIMON. S&l
tant que Mantoue, ni rien de si pressé que de s'en assurer1. Enfin, par celui de M. de Savoie, il fut déclaré généralissime des forces des deux couronnes en Italie2, et s'engagea à fournir dix mille hommes de ses troupes3, outre tous les passages et toutes les facilités pour les nôtres, et il se flatta en même temps du mariage de sa seconde fille avec le roi d'Espagne *.
M. de Savoie fut fort blessé de la loi que le parlement Succession à la d'Angleterre venoit de faire3 pour régler l'ordre de la c
son traité avec Tessé et M. de Vaudéinont le 24 février 1701 (Mémoires de Tessé, tome I, p. 188-190; lettres des deux négociateurs, dans l'Esprit des cours, 1701, 2e partie, p. 26-4(> et 52-53, et dans les Mémoires, par Lamberty, tome 1, p. 450-454), tout en affectant de ne céder qu'à la force. C'était un point essentiel selon Tessé. Voltaire a dit (Siècle, p. 312) que le duc, vendu jadis à la France par son ministre, se vendit aussi lui-même. 11 toucha depuis lors une pension de quatre cent mille écus. L'alarme fut très grande dans toute l'Italie, où l'on avait conservé encore quelque espoir de neutralisation, et le ressentiment de l'Empereur ne tarda pas à éclater.
1. C'est le 4-5 avril que Tessé occupa cette ville, et la nouvelle fit une profonde sensation à Vienne : Journal de Dangeau, tome VIII, p. 34, 72, 77 et 78; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 45; Gazette, p. 180; Gazette d'Amsterdam, n"' xxxn et xxxm; Nouvelles des cours de l'Europe, mai f701, tome IV, p. 26-4fi, 52-53; Supplément au Journal de Verdun, tome il, p. 127-129; Mémoiresde Villars, tome I, p. 327-330; Mémoires de Tessé, tome I, p. 188-190. Parmi les lettres de Tessé à la duchesse de Bourgogne publiées par M. le comte de Rambuteau, il y en a deux fort plaisantes (p. 32-37) sur le duc de Mantoue, sa grande épée il les visites que lui lit le général français.
2. Patentes signées le 15 avril : Mémoires de Tessé, tome I, p. 185-191.
3. Cela se faisait moyennant un subside de cinquante mille écus par mois. En 1689, avant que le prince se déclarât contre la France, on lui avait demandé de laisser mettre une garnison française dans Turin, et il n'avait consenti à l'occupation que pour deux places sans importance, mais en offrait! ses propres troupes à Louis XIV (Gourville, p. 582).
4. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 37, 48, 71 et 77 ; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 37 et 45. Il sera parlé du mariage ci-après, p. 298.
5. Acte du 10 février 1701 : Lamberty, Mémoires, tome I, p. 499- 504; Du Mont, Corps diplomatique, tome VIII, 1" partie, p. 3-4. Le 22, en ouvrant la session du parlement, Guillaume III demanda aux Communes et aux Lords de prendre les mesures nécessaires pour pourvoir
M. de Savoie
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gleterre éta- succession à la couronne de la Grande-Bretagne1, et la
blie dans la fixer en même temps dans la ligne protestante en faveur
tante. Plaintes °"e Sophie, femme du nouvel électeur d'Hanovre2, et3 mère
et droit de de l'Electeur roi d'Angleterre, et fille de l'électeur palatin
roi de Bohème, déposé et chassé de tous ses États, et d'une
fille4 de Jacques I"", roi de la Grande-Bretagne, et sœur du
roi Charles l'r à qui ses sujets coupèrent la tête5. Or,
Charles étoit père de la première femme de Monsieur6, dont
la fille étoit épouse de M. de Savoie, et par conséquent
excluoit de droit sa tante paternelle et les Hanovres ses
enfants7. M. de Savoie porta ses plaintes en forme en An-
à la succession dans la ligne protestante, en remplacement du jeune prince qui venait de mourir. L'adresse de réponse promit de faire tout ce qui pourrait être utile aux intérêts de l'Angleterre et à sa sûreté, à la conservation de la religion réformée, et enfin à l'équilibre de l'Europe ; toutefois, ce dernier membre de phrase n'obtint qu'une faible majorité, cent quatre-vingt-cinq voix contre cent soixante-trois (Gazelle d'Amsterdam, a" xvn-xx). Le parlement, qui était alors tory, eut soin de limiter encore les prérogatives royales pour le cas, plus probable que jamais, où elles passeraient aux mains d'un étranger : point de guerres pour la défense de territoires non anglais, obligation de professer la religion anglicane, obligation d'avoir le consentement du parlement pour sortir de l'étendue des Trois-Royaumes , exclusion de tout élément étranger dans les charges, dans les offices ou au parlement, etc. Enfin l'occasion sembla bonne aux ennemis de Louis XIV pour protester violemment contre les deux traités de partage de la succession d'Espagne, et les Communes allèrent même jusqu'à mettre en accusation Portland et les autres conseillers qui avaient poussé Guillaume dans cette voie.
t. Il a écrit ici : Grand Bretagne, et plus loin : Grande Bretagne.