‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 197 sur 548 · Madame Henriette, morte en 4(>70 : ci-après, p · texte numérisé non relu

Madame Henriette, morte en 4(>70 : ci-après, p

7. Voyez le tableau de filiation donné par Lamberty, tome I, p. 499.

' I.a première phrase de cette manchette a été ajoutée après coup, ce qui l'ait qu'elle commence plus haut <pie l'alinéa auquel elle se rapporte.

neutres.

gleterre, qui ne furent pas écoutées1 : on n'y vouloit plus ouïr parler d'un roi catholique après avoir chassé et proscrit le roi Jacques II et sa postérité. Les Vénitiens aussi vénitiens déclarèrent qu'ils se tiendroient neutres, et qu'ils appelleroient à leur secours l'ennemi de celui qui se voudroit saisir de quelqu'une de leurs places malgré eux2. C'est tout ce que le cardinal d'Estrées en put obtenir3, qui, de Venise, se mêla aussi du traité de Savoie avec Phélypeaux*, notre ambassadeur à Turin, et, avec ïessé, de celui du duc de Mantoue. Le bonhomme la Haye5, notre ambassadeur à

1. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 86. Le 11 avril, le parlement anglais eut communication de la protestation de la duchesse mère de Savoie : Gazette d'Amsterdam, n° xxxi; texte dans l'Extraordinaire, dans les Mémoires de Lamberty et dans le. Corps diplomatique, tome VIII, 1" partie, p. 4. Les dépêches du comte de Vcrnon relatives à cette prétention, en novembre 1699, avaient été interceptées par ordre de Torcy.

2. C'est encore dans le Journal de Dangeau, p. 78, qu'il prend cette nouvelle, à côté des précédentes. Louis XIV n'entendait pas que la République se bornât à une simple neutralité; mais Tessé ne put rien obtenir de plus : voyez ses Mémoires, tome I, p. 189-190. L'acte de neutralité est dans le recueil de Lamberty, tome I, p. 413-414; comparez l'Esprit des cours, 1701, 2" partie, p. 46-51 et 85-86.

3. Il a été parlé, en 1700 (tome VII, p. 356 et 607) de la mission circulaire du cardinal; son instruction, signée par le Roi le 15 décembre de cette année-là, a été imprimée par Hippeau, dans l'Avènement des Bourbons, tome II, p. 366-372, et sa correspondance est aux Affaires étrangères, fonds Venise. Partout il était suivi par le cardinal de Lamberg, qui contrecarrait ses manœuvres au nom de la cour de Vienne. Voyez l'Esprit des cours, 1™ partie, p. 350-355. Les généraux français eussent voulu qu'il restât à Venise pour soutenir la lutte.

4. R.-R. Phélypeaux du Verger : tome IV, p. 277. Dangeau dit (p. 77) que le Roi lui avait envoyé par avance la ratification du traité à signer.

5. Denis de la Haye, sieur de Ventelay, en Champagne, avait commencé son service diplomatique en passant trois années (1658-1660) à l'ambassade de Constantinople, sous les ordres de son père, qui occupa ce poste plus de vingt ans. 11 lui succéda à la fin de 1665, puis alla remplacer le duc de Vitry à Munich, en 1675, comme envoyé extraordinaire, fut désigné pour passer à Lisbonne en octobre 1684, mais laissa le Portugal à M. Amelot, qu'il alla remplacer à Venise, comme ambassadeur, fit son entrée le X juillet 1685, demanda à être rappelé au printemps de 1701 parce qu'il était vieux et infirme (Journal de Dangeau, tome VIII,

Venise, voulut finir sa longue ambassade à ce période1 ; il avoit été longtemps ambassadeur à Constantinople, avec grande réputation2,et bien servi encore ailleurs*. Charmont, nouveau secrétaire du cabinet*, lui succéda à Venise5. Catinat général Catinat fut choisi pour commander en Italie6. 11 venoit

p. 77 et 413), vint saluer le Roi le 19 juillet, et se retira avec une pension de deux mille écus, mais ne mourut que le 22 mars 17:2:2, dans sou château de Charly-sur-Marne, avant alors quatre-vingt-seize ans et cinq mois.

1. Au masculin et sans adjectif, période s'employait dans le sens de point culminant d'une maladie, et, par suite, d'apogée d'une révolution; aujourd'hui, on y joint ordinairement un qualificatif, liant ou dernier. Sous Louis XIII, Vaugelas disait : » Monter au période de la gloire. ••

2. Voyez les Mémoires de Louis XIV, tome I, p. 154-458, et une relation de cette ambassade dans les Papiers de Conrart, ms. Arsenal 4129, p. 867-892, ainsi que les Papiers de M. de Ronnac, Arch. nat., K 1342, n" 6. Flassan a raconté aussi, dans son Histoire de la diplomatie française, tome III, p. 206-212, l'acte intrépide par lequel le jeune la Haye mérita d'avoir la succession de son père.

3. Voyez les Instructions aux ambassadeurs en Bavière, déjà citées, p. 41-51 et 71-79. Il n'eut guère de succès auprès de Ferdinand-Marie, père de l'électeur Maximilien-Emmanuel, ni auprès de celui-ci, à qui on eût voulu faire épouser la fille de Monsieur. 11 partit de Munich peu avant la conclusion du mariage avec une archiduchesse d'Autriche, et l'Électeur entra, dix-huit mois plus tard, dans la ligue d'Augsbourg.

5. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 77; Mercure d'avril 1701, tome II, p. 245. Le nouvel ambassadeur ne tit son entrée que deux ans après sa nomination, le 29 avril 1703 (Arch. nat., K 1326, n° 11).

6. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 40, 43, 57 et 63; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 33 et 39. Le 23 mars, chez Mme de Maintenon, il prit congé du Roi, qui avait annoncé sa venue à M. de Vaudémont en ces termes (Pelet, Mémoires militaires, tome 1, p. 223) : « J'envoie le maréchal de Catinat pour commander mes troupes sous les ordres du duc de Savoie, lorsqu'il sera à la tète de l'armée, et pour les joindre, en attendant, à celles du roi mon petit-fils, et agir avec vous de concert en tout ce que vous croirez du bien de son service. C'est un homme sage, que son expérience et son mérite ont élevé à la place où il est, et dont vous aurez autant de sujet d'être content que vous l'avez été jusqu'à présent du comte de Tessé. » A défaut de M. de Savoie, c'est à M. de Vaudémont que devait revenir le droit de donner le mot et les ordres. Catinat arriva à Turin le 4 avril, et y fut reçu avec des honneurs extraordinaires, par M. de Savoie lui-même, qui le traita comme un

DK SAINT-SIMON.

de perdre Croisille1, son frère, qui avoit servi avec grande réputation2, mais que sa mauvaise santé avoit empêché de continuer3. C'étoit un homme fort sage, fort instruit, fort judicieux, qui avoit beaucoup d'amis considérables quoique fort retiré, et grand homme de bien*. C'étoit le conseil et l'ami du cœur de son frère, qui partit dans cette affliction5. Tessé fut outré d'avoir un général. Le brillant et le solide qu'il avoit tiré de la fin de la dernière guerre d'Italie6, les avantages qu'il avoit tâché d'en prendre à la cour depuis que la paix et sa charge7 l'y avoient attaché, la familiarité qu'il avoit acquise à la cour de Turin, et la part qu'il venoit d'avoir au traité de Mantoue8, lui avoient fait

père venu pour lui apprendre le métier de la guerre et l'art de gagner des batailles (Gazette, p. 187; Gazelle d'Amsterdam, n°s xxxn et xxxm).

I. Guillaume Catinat, sieur de Croisille, né le 8 mars 1631), entré aux gardes en 1638, avait remplacé son frère comme capitaine en 1667, et s'était retiré du service en 1674. Il mourut à Paris, le 19 mars 1701, sans alliance. 11 était plus jeune de deux ans que le maréchal, et ils avaient perdu un frère aîné au siège de Lille.

"2. Il avait été blessé au siège de Maëstricbt, avec son frère, en 1673, puis à Seneffe, en 1674, ce qui l'avait forcé de quitter les gardes.

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