Sa charge de premier écuyer de la duchesse de Bourgogne
8. Ci-dessus, p. 256-257 et 259. Autrement, le résultat de ses missions à Turin même et à Venise n'avait pas été heureux.
on Italie.
Dépit et vues
de Tessé ;
sa liaison
avec Vaudé-
mont.
espérer de commander en chef les troupes du Roi sous M. de Savoie : il étoit gâté; mais M. de Vaudémont avoit achevé de lui tourner la tête. Ce favori de la fortune qui ne négligeoit rien pour s'en tenir les chaînes assurées, et qui étoit l'homme le mieux informé de l'intérieur des cours dont il avoit affaire1, avoit tout prodigué pour s'attacher Tessé, que le Roi lui avoit envoyé pour concerter avec lui tout ce qui regardoit le militaire : fêtes, galanteries, confiance, déférence, honneurs partout, et civils et militaires, en tout pareils à ceux qui lui étoient rendus à lui-même, rien ne fut épargné2. Il parut donc bien dur à Tessé, qui avoit eu la sotte vanité de recevoir des honneurs de gouverneur et de capitaine général du Milanois, d'en tomber tout à coup, et dans le Milanois même, dans l'état commun de simple lieutenant général roulant avec tous les autres 3. Il tâcha au moins de tirer ce parti de leur commander sous Catinat, comme autrefois on avoit fait quelques capitaines généraux; mais il en fut refusé1, et se
1 . Voyez son portrait et l'historique de sa carrière dans notre tome IV, p. 331-346. Tessé disait {Lettres publiées par M. de Rambuteau, Notice, p. xv) : « Ce prince surpasse l'humanité en jugements, bons partis, expédients. C'est un véritable homme de guerre, fidèle, aimable, hardi. Il est adorable.... » Comparez, dans le volume du général Pelet, p. 203- 210, une autre lettre du 4 janvier 1701.
2. Journal de Dangeaii, tome VIII, p. 12 et 14; Mémoires de. Tessé, tome I, p. 183, 186, 196, etc. Comparez la suite de nos Mémoires,
■ tome III de 1873, p. 61-62. Feu M. Hippeau a publié pour l'Académie de Caen, en 1862, quelques lettres écrites par M. de Vaudémont au duc d'Harcourt, en février et mars 1701.
3. « On disoit (le 21 mars) que le comte de Tessé avoit été fait capitaine général, soit qu'on lui en eût effectivement donné le titre, soit qu'on lui ait donné une lettre pour commander en Italie aux lieutenants généraux plus anciens que lui. » (Mémoires de Sourches, tome VU, p. 35; comparez la Gazelle d'Amsterdam, n" xxvi.) Nous avons rencontré, en 1700 (tome Vil, p. 27), ce titre de capitaine général imaginé pour mettre certains lieutenants généraux bois rang, comme notre auteur le dira (tome III de 1873, p. 383) de M. d'Huxelles père.
4. Les Mémoires de Tessé disent (tome I, p. 190) qu'il eut une patente de capitaine général le 23 mars, en même temps que Catinat celle
vit par là loin encore du bâton de maréchal de France qu'il crovoit déjà tenir, quoiqu'il n'eût jamais vu d'action, ni peut-être brûler une' amorce, par le hasard d'absence, de détachement ou de commissions; mais on ne se rend pas justice, et on se prend à qui on peut2. Il attendit donc Catinat, qui l'avoit proposé à la fin de la dernière guerre
de général; mais Dangeau rapporte positivement (p. 71), que, quoique très routent de Tessé et prêt à lui prouver sa satisfaction, le Roi ne lui voulut point accorder ce commandement supérieur.