‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 212 sur 548 · Le p corrige // f[ut · texte numérisé non relu

Le p corrige // f[ut

4. Selon l'abbé de Choisy, l'évêque était parvenu à se faire reconnaître; mais M. de Louvois, qui avait ses raisons pour se saisir du personnage, persista à ordonner qu'on le conduisit au Chàtelet comme un simple faux-monuayeur, pendant qu'on visitait ses papiers ou ce qui en restait, et il dut se faire réclamer par les agents du clergé auprès du Roi lui-même. L'abbé le Gendre semble (Mémoires, p. 105-106,) n'avoir connu que cette fin de l'aventure, et point son véritable sens. Selon lui, c'est pour s'être trouvé en équipage mondain dans une « bagarre » que M. de Cosnac, qui avait obtenu permission de revenir en cour après dix ans de relégation en Dauphiné, se serait laissé mettre en prison, et il n'aurait sollicité l'intervention du clergé qu'au bout de trois jours.

5. « On dit proverbialement et figurément : secouer les oreilles, pour dire: ne tenir compte de quelque chose, s'en moquer. » (Académie, 1718.)

6. Il a écrit : avanture, et, plus haut : réprimendes. — Le Roi fit « une espèce d'excuse de cette méprise, » et, comme l'évêque était toujours sous le coup de sa lettre de cachet, il l'envoya conduire par un gentilhomme ordinaire, non plus à Valence, mais à l'Isle-en-.Iourdain,

Une autre fois', quelque diable fit une satire cruelle sur Madame, le comte de Guiche2, etc., et la fit imprimer en Hollande3. Le roi d'Angleterre, qui en eut promptement avisk, en avertit Madame, qui s'en ouvrit5 aussitôt à Mon-

où il resta deux ans et demi, Madame étant morte sans avoir pu obtenir son rappel. Comparez les Mémoires de Cosnae, tomes I, p. lvi-lvii et 390-396, et II, p. 83-95. Il semble que notre auteur suive le récit de Choisy, peut-être inspiré directement par le prélat lui-même. — C'est pendant ce séjour en Armagnac que fut écrite, croit-on, la première version des Mémoires de Cosnae. L'exil fini, l'évêque retourna à Valence; il ne reparut à la cour que pour l'assemblée du clergé en 1682, où son rôle fut considérable dans le parti gallican, puis pour celle de 1683, où il fut un de ceux qui provoquèrent la révocation de l'édit de Nantes.

1. Cette seconde aventure, qui se place bien avant la première, en 1666, est encore dans le récit de l'abbé de Choisy, où, sans doute, notre auteur l'a prise comme la première; comparez le. récit de Cosnae lui-même, en deux versions différentes, dans ses propres Mémoires, tome I, p. xn-xuii, 317, 321, 322 et 364, et tome II, p. 66-67.

2. Le « galant » comte de Guiche fut certainement amoureux d'Henriette d'Angleterre, et il commit même plus d'une imprudence, ou eu tit commettre à cette princesse, qui le prit en considération ou en pitié. Mme de la Fayette (Histoire de Madame, p. 182-195), Mlle de Montpensier (Mémoires, toine III, p. 527,532, 533 et 549), Mme de Mottcvillc (Mémoires, tome IV, p. 370-376) sont les principales contemporaines qui parlent plus ou moins affirmativement de cette liaison. La seconde femme de Monsieur affecte d'être encore plus sûre du fait en racontant certaine aventure où Madame faillit être surprise avec Guiche chez la tante de celui-ci, Mme de Saint-Chamond, qui joue également le rôle d'intermédiaire dans les récits de l'abbé de Choisy et de Daniel de Cosnae (Correspondance, de Madame, éd. Brunet, tome II, p. 5-8); mais nous savons que cette princesse, qui écrivait cela à la fin de 1718, cinquante ans après l'événement, accueillait facilement les légendes extraordinaires. — Suivant les mêmes autorités, Madame Henriette fut sensible aussi à l'admiration de quelques autres courtisans qui étaient alors la fleur de la cour, comme Vardes et Lauzun.

3. Vovez ci-après, appendice XVIII, une note sur ces libelles.

4. Ce n'est pas au roi d'Angleterre Charles II, frère de Madame, mais à Louis XIV, que, selon l'abbé de Choisy, le libelle fut remis par M. de. Louvois, et il crut « que Madame en devoit être informée afin de prendre quelques mesures avec Monsieur, au cas qu'il en eût connoissanec. » De son côté d'ailleurs, Charles II fit agir ses agents en Hollande.

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