‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 213 sur 548 · Ouvil, par mégarde, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Ouvil, par mégarde, dans le manuscrit

sieur de Valence. « Laissez-moi faire, lui dit-il, et ne vous mettez en peine de rien; » et s'en va, Madame après, qui lui demande ce qu'il pense faire; il ne répond point, et disparoît. De plusieurs jours, on n'en entend point parler. Voilà Madame bien en peine. En moins de quinze jours1, Madame le voit entrer dans son cabinet ; elle s'écrie et lui demande ce qu'il est devenu et d'où il vient? « De Hollande, répond-il, où j'ai porté de l'argent, acheté tous les exemplaires et l'original de la satire, fait rompre les planches devant moi2, et rapporté tous les exemplaires, pour vous mettre hors de toute inquiétude, et vous donner le plaisir de les brûler. » Madame fut ravie; et en effet tout fut fidèlement brûlé, et il n'en est pas demeuré la moindre trace3. Il y en auroit mille à raconter.

Personne n'avoit plus d'esprit, ni plus présent, ni plus d'activité, d'expédients et de ressources, et sur-le-champ4.

1. Le onzième jour, selon Choisy. On avait répondu aux gens de Madame que l'évèque passait huit jours à la campagne; mais il ne fit probablement pas cette expédition lui-même : voyez ci-après, p. 599-600.

2. Nous avons déjà eu, au tome II, p. 74, cette locution de rompre les planches. On disait aussi (Depping, Correspondance administrative, tome II, p. 236) : « casser les planches. » C'est ce qui s'appela au siècle suivant, comme aujourd'hui, les formes, assemblage des pages sur lequel se fait le tirage. Voyez le Compositeur et le correcteur typographes, par M. Daupeley-Gouverneur, p. 41 et suivantes.

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