Prise, mis après coup au pluriel
4. Ci-après, p. 371. L'évêque demanda la permission de « sortir honnêtement par la porte, pour ne pas être jeté par les fenêtres, » traita en secret avec l'abbé de Tressan, qu'appuyait le chevalier de. Lorraine, et obtint son congé. Les Mémoires de Choisy (éd. Lescure, tome II, p. 72-73) racontent ces faits de la même façon que ceux de Cosnac (tome I, p. 371-377, et tome II, p. 73).
5. Louis de la Vergne de Tressan, né le 13 septembre 1638, fils d'un lieutenant-colonel du régiment de Madame Royale de Savoie, et cousin
intriguant de beaucoup d'esprit, mais dans un plus bas genre1, et n'en fut que mieux avec le Roi, qui lui donna des abbayes4, et enfin l'archevêché d'Aix', où il étoit maître de la Provence*.
ou neveu de cet abbé de la Vergne qui faisait partie de la société Sévigné et Grignan, était maître de la chapelle et oratoire de Monsieur, quand Cosnac lui revendit la charge de premier aumônier. Il eut l'abbaye de Notre-Dame de Quarante en 4667, l'évêché de Vabres en avril 4669, l'abbaye Saint-Liguaire de Niort en 1670, s'en démit pour passer évèque du Mans en 1671, et reçut du Roi, le 1er novembre 1673, le riche prieuré de Cassan, au diocèse de Béziers, et de Monsieur, en août 1681, l'abbaye de Bonneval, en Beauce, vacante par la mort du comte du Plessis-Choiseul. Il vendit la charge de premier aumônier à l'abbé de Grancey, pour vingt-cinq mille écus, en 1688; mais le duc d'Orléans, fils de Monsieur, le replaça dans le même poste, auprès de sa personne, en novembre 1706. Il mourut dans sa ville épiscopale du Mans, le 27 janvier 1712.
1. Comparez l'Addition au Journal de Dangeau, tome XIV, p. 73-74, sur sa mort. Saint-Simon, dans la table de son exemplaire du Journal, à l'année 1705, dit que cet abbé « avoit été fort dans le monde et dans les intrigues. » M. de Tressan se trouvait avoir des relations suspectes soit avec Sainte-Croix, soit avec Mme de Brinvilliers, lorsque commença l'affaire des Poisons, et il faillit même être arrêté comme complice de l'empoisonnement de son prédécesseur M. de Lavardin : Archives de la Bastille, tome IV, p. 190 et 211. Plus anciennement, il parait s'être livré à des intrigues contre certains évêques de Languedoc, étant alors vicaire de Narbonne : Depping, Correspondance administrative sous Louis XIV, tome IV, p. 79 et 80.
2. Quand Mazarin lui fit avoir l'évêché de Valence et Die, Cosnac remit deux prieurés qu'il détenait alors, Maza et Saint-Séverin, ou Saint- Jean de Mézin ; mais il eut l'abbaye d'Orbestier, en Poitou. En novembre 1689, il obtint Saint-Taurin d'Évreux, qui valait douze ou quinze mille livres, et, le 8 septembre 1695, il l'échangea contre Saint-Riquier, qui rapportait plus de vingt mille livres.
3. Il eût préféré Albi à Aix, et ne fut promu que malgré lui à cet archevêché, qui ne valait que vingt ou trente mille livres, beaucoup moins que les deux évêchés réunis de Valence et de Die (Journal de Dangeau, tomes I, p. 247, 111, p. 21, et XII, p. 76). Albi fut donné à M. de la Berchère, évêque deLavaur, primitivement désigné pour Aix, mais que son manque de dignité, quoique bon et honnête homme, rendait impropre à diriger les affaires d'une si grande province (Sourches, tome I, p. 327).
4. Comme premier procureur-né du pays, l'archevêque d'Aix prési-
L'autre prélat1 étoit tout différent2. C'étoit un homme Refus illustre
. i i • • < j • . » de l'archevêque
sage, grave, pieux, tout applique a ses devoirs et a son (|e ' diocèse3; dont tout étoit réglé, rien d'outré; que son mérite [Add. S'-S. 374] avoit, sans loi*, fait passer de Poitiers5 à Sens6; aimé et
dait l'assemblée des communautés ou états de Provence, et seul y avait une façon de fauteuil, tandis que les autres prélats siégeaient sur un simple banc : c'est cette prérogative honorifique, qui, en 1689, força M. de Grignan, archevêque d'Arles, à se retirer de l'assemblée, au grand désespoir des Sévigné. Du reste, l'autorité du président était bien réelle en tout temps et s'étendait dans tout le pays; M. de Cosnac en usa largement sans crainte des conflits. Voyez ses lettres, à partir de l'assemblée de 1687, dans la Correspondance des Contrôleurs généraux des fournées, tomes I et II, l'Appendice de ses Mémoires, tome II, p. 331- 365, et la Notice préliminaire de l'édition, tome I, p. lxxviii-c.
1. Hardouin Fortin de la Hoguette, docteur de Sorbonne, agent général du clergé en 1670, fut nommé évêque de Saint-Brieuc en 1675, évèque de Poitiers en 1680, archevêque de Sens en 1685, conseiller d'État en avril 1704, et mourut le 28 novembre 1715, à soixante-douze ans et cinq mois, n'ayant eu d'autre bénéfice que l'abbaye de Sablonceaux, au diocèse de Saintes, avec le prieuré de Sainte-Gemme, à la mort de son oncle l'archevêque de Pérétixe (1671), et s'en étant démis en 1713. Il avait été chanoine de Notre-Dame de Paris et grand archidiacre.
2. L'abbé le Gendre nous montre précisément les deux prélats face à face dans l'assemblée de 1690 (Mémoires, p. 103-101), et il fait de. M. de la Hoguette une critique railleuse qui se trouve, être le plus bel
éloge : « C'étoit un petit homme chagrin, qui exhala sa misanthropie
à déclamer contre le luxe, parce qu'il n'aimoit point la dépense; à crier contre les pensions, de regret de n'en pouvoir donner; à faire des plaintes amères contre certaines gens (il entendoit parler de Monsieur de Paris, qui, [depuis un long temps, tyrannisoit les assemblées).... M. de Cosnac,... regardé comme un des espions de Monsieur de Paris et comme un enfant perdu,... méprisoit M. de la Hoguette, et, tout
naturellement, ils avoient eu un différend au sujet de la préséance
Les bravades de Monsieur d'Aix, ses impétuosités désolèrent si fort le pauvre M. de la Hoguette, qu'après une foible résistance il changea tout à coup : de censeur outré qu'il avoit été jusque-là, il devint fade adulateur jusqu'à en être ridicule. »